Le taux de chômage au Québec est le plus faible au Canada. Il a reculé de 0,5 point en décembre pour s’établir à 6,7 %, selon les données rapportées vendredi par Statistique Canada.

Pierre-André Normandin Pierre-André Normandin
La Presse

C’est nettement en deçà de la moyenne canadienne qui s’est établie à 8,6 %, stable par rapport à novembre.

Ailleurs au pays, la Colombie-Britannique affiche un taux de chômage stable à 7,2 %. En Ontario, le nombre de personnes à la recherche d’un emploi a augmenté de 0,4 point, pour s’établir à 9,5 %. L’Alberta affiche quant à elle un chômage stable à 11,0 %.

Le Grand Montréal n’a pas échappé à l’embellie de l’emploi. Le taux de chômage s’est établi à 7,7 %, en baisse de 0,7 point. C’est légèrement supérieur à la région de Vancouver (7,0 %), mais nettement inférieur à celle de Toronto (10,8 %).

L’économie canadienne a perdu 63 000 emplois en décembre, une première baisse depuis avril dans un contexte de resserrement des restrictions de santé publique pour ralentir la résurgence de la pandémie de COVID-19.

L’emploi à temps plein en décembre a augmenté de 36 500 postes, mais 99 000 pertes d’emplois à temps partiel ont aussi été enregistrées.

Selon Statistique Canada, le nombre total d’heures travaillées a diminué pour la première fois depuis avril, retraitant de 0,3 % en décembre.

L’emploi a diminué dans les industries les plus directement touchées par les nouvelles mesures de santé publique et celles qui étaient déjà en place.

La catégorie des services d’hébergement et de restauration a perdu 56 700 emplois en décembre, tandis que la catégorie des « autres services », qui comprend les salons de coiffure, les services de blanchissage et d’autres domaines touchés par les mesures de santé publique, en a perdu 30 800. Le groupe de l’information, de la culture et des loisirs a vu 18 800 emplois disparaître.

Le nombre d’emplois dans les industries productrices de services a diminué pour la première fois depuis avril, reculant de 74 000 en décembre. Les industries productrices de biens ont créé 11 300 emplois.

Différences régionales

Puisque les mesures de restrictions de santé publique étaient différentes dans les régions du pays, les conditions du marché du travail variaient d’une province à l’autre. L’emploi a reculé en Nouvelle-Écosse, en Saskatchewan, au Manitoba et à l’Île-du-Prince-Édouard, et il est demeuré stable dans les six autres provinces, a observé Statistique Canada.

L’emploi a uniquement atteint son niveau observé en février avant la COVID-19 à Terre-Neuve-et-Labrador, et il en était le plus éloigné en Alberta (-5,4 %) et au Manitoba (-5,8 %).

Au Québec, l’emploi a peu varié pour un troisième mois consécutif, ce que l’agence fédérale a attribué aux mesures de santé publique plus sévères en vigueur depuis le début d’octobre. Au total, 16 800 emplois québécois ont disparu le mois dernier, et des pertes ont été constatées tant dans les postes à temps plein que dans ceux à temps partiel.

Comme il y avait moins de personnes à la recherche de travail, le taux de chômage québécois a diminué de 0,5 point de pourcentage en décembre pour s’établir à 6,7 %, ce qui était le taux le plus bas parmi toutes les provinces.

L’emploi au Québec a progressé de 692 900 depuis mai, ce qui équivaut à plus de 84 % des 820 500 emplois perdus entre février et avril.

Statistique Canada a souligné que son rapport était un instantané des conditions du marché du travail pour la semaine du 6 au 12 décembre.

L’agence fédérale a noté que des mesures de santé publique supplémentaires avaient été mises en place dans de nombreuses provinces après cette période et que celles-ci se reflèteraient probablement dans les résultats de son enquête de janvier sur la population active.

Les économistes s’attendaient en moyenne à ce que le rapport de Statistique Canada dévoile une perte de 27 500 emplois pour décembre, ainsi qu’un taux de chômage de 8,6 %, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

– Avec La Presse Canadienne