(Washington) La dernière semaine de 2020 a vu les inscriptions au chômage baisser un peu aux États-Unis, mais le niveau reste exceptionnellement élevé et les demandes devraient repartir à la hausse en janvier.

Julie CHABANAS
Agence France-Presse

Du 27 décembre au 2 janvier, 787 000 personnes se sont inscrites au chômage, soit 3000 de moins que la semaine précédente, mais 3,5 fois de plus que l’an passé à la même époque, selon les données publiées jeudi par le département du Travail.

Et avec une situation sanitaire toujours inquiétante, qui limite toujours beaucoup l’activité économique, le ciel reste sombre à court terme, avant que le vaccin contre la COVID-19 ne soit largement diffusé.

« Alors que les perspectives économiques sont bonnes pour la fin de 2021 (grâce au vaccin, NDLR), l’économie et le marché du travail devront naviguer sur un terrain difficile d’ici là, et nous nous attendons à ce que (les demandes de chômage) restent élevées », résume Nancy Vanden Houten, analyste pour Oxford Economics, dans une note.

« Tant que le virus n’est pas contenu, le marché du travail restera sous la pression des mesures de confinement qui limitent l’activité commerciale », a commenté Rubeela Farooqi, économiste pour HFE Snapshot.

Un peu plus de 5 millions d’Américains touchaient le chômage au cours de la semaine de Noël, les données étant publiées avec une semaine de décalage.

Mais ce chiffre ne prend en compte que le chômage classique, versé pendant six mois maximum aux États-Unis. Or, la plupart des Américains qui ont perdu leur emploi ou leur revenu à cause de la crise ont épuisé ces droits, et doivent désormais se tourner vers les aides adoptées par le Congrès.

Tous programmes confondus, ce sont un peu plus de 19 millions de personnes qui touchent une allocation chômage.

Ces programmes, adoptés fin mars face à l’avancée de la pandémie, ont été étendus fin décembre, jusqu’en mars, ce qui devrait faire augmenter les inscriptions au chômage, anticipent les économistes.

Emplois détruits en décembre

Le taux de chômage de décembre, le dernier de l’ère Trump, sera publié vendredi. Certains analystes le voient stagner à 6,7 %, comme en novembre, mais d’autres s’attendent à une hausse, pour la première fois depuis avril, lorsqu’il avait atteint son pic de 16,4 %.

« Je vais regarder de près le taux de chômage. Je m’attends depuis plusieurs mois à ce qu’il augmente et je pense vraiment que cela pourrait être le cas en décembre », a commenté l’économiste Joel Naroff, dans une note.

Les entreprises privées aux États-Unis ont en effet recommencé en décembre à détruire des emplois, pour la première fois depuis le mois d’avril, selon l’enquête mensuelle de la firme de services aux entreprises ADP publiée mercredi.

Les 123 000 pertes d’emplois « ont été principalement concentrées dans le commerce de détail, les loisirs et l’hôtellerie », avait précisé Ahu Yildimaz, qui codirige cette enquête mensuelle, vue comme une première jauge des chiffres officiels.

La moitié seulement des 19,7 millions d’emplois privés qui avaient été détruits en mars et avril ont été recréés entre mai et novembre.

Autre indicateur de mauvais augure publié jeudi : l’emploi dans les services a reculé en décembre, pour la première fois depuis août, malgré une croissance plus rapide que prévu de l’activité de ce secteur, selon l’indice de l’association professionnelle ISM.

Ces chiffres sont publiés au moment où le monde entier a les yeux rivés sur les États-Unis, après une journée de violences au Capitole mercredi. Après un discours de Donald Trump, qui refusait une nouvelle fois de reconnaître sa défaite, des manifestants ont envahi le Congrès américain, au moment où les élus procédaient à la confirmation de la victoire de Joe Biden.

Au terme d’une journée de chaos dans ce temple de la démocratie américaine, le Congrès a, dans la nuit, certifié l’élection de Joe Biden à la Maison-Blanche.