(Québec) Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a confirmé que Québec planche, avec Ottawa, sur l’élaboration d’une « aide spécifique » pour les commerçants montréalais alors que le déconfinement progressif de l’économie demeure incertain dans la métropole. Il ouvre aussi la porte à un programme d’aide pour les restaurateurs.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

« On travaille présentement avec Mélanie Joly [la ministre fédérale du Développement économique] pour Montréal et d’autres régions, mais Montréal particulièrement parce que c’est sûr qu’avec le confinement prolongé, il y a un enjeu pour les commerces », a fait valoir le ministre Fitzgibbon en commission parlementaire virtuelle, vendredi.

Le ministre de l’Économie était alors interrogé par le député du Parti québécois, Martin Ouellet, sur la possibilité que Québec offre « une aide spécifique » à Montréal où les entreprises sont frappées de plein fouet par la crise de la COVID-19. La réouverture des commerces dans le Grand Montréal est pour l’heure fixée au 25 mai.

La pandémie n’est pas encore sous contrôle dans la Communauté métropolitaine de Montréal, Québec a annoncé jeudi que les écoles – qui devaient rouvrir le 25 mai également – n’ouvriraient qu’en septembre seulement.

« La réponse, c’est oui, absolument », a soutenu le ministre. Malgré la reprise des activités de l’industrie de la construction et manufacturière, « il n’y a pas de doute qu’il y a un pan de l’économie montréalaise qui est en difficulté », a-t-il admis.

Selon Pierre Fitzgibbon, un organisme économique de Montréal « qui comprend l’écosystème montréalais » pourrait gérer ce nouveau programme d’aide.

« On est là-dedans à temps plein, il y a beaucoup de détails à regarder […] il faut être sûr que tout soit arrimé, je n’aime pas annoncer des choses à la pièce, j’aime mieux un plan global », a poursuivi le ministre. « On travaille intensément là-dessus […] évidemment ça va être pour bientôt parce qu’en juillet, il va être trop tard. »

Au cabinet de la ministre Joly, on confirme que « des discussions » sur le sujet se tiennent actuellement. La Presse révélait mercredi qu’Ottawa ajoute 211 millions pour venir en aide aux PME québécoises qui ne sont pas admissibles aux programmes d’aide d’urgence. Une partie de cette somme est disponible pour Montréal.

Aide aux restaurateurs

Le ministre Fitzgibbon a aussi admis que pour « certaines entreprises » de l’industrie touristique, culturelle et de la restauration les programmes québécois de prêts d’urgence ne seront « pas suffisants » pour les aider à traverser la crise.

« Nous reconnaissons qu’il va y avoir des besoins qui vont être autres que des prêts traditionnels, on regarde présentement quels [pourraient être] ces programmes », a-t-il indiqué. « Il y a toutes sortes de possibilités », a ajouté M. Fitzgibbon, qui n’est pas prêt à parler de « subventions », mais plutôt « d’assistance qui ne sera pas un prêt ».

Il soutient que son gouvernement est par ailleurs à créer « un programme » pour les restaurateurs qui sera « modulé » selon l’efficience des opérations. « On n’ira pas donner 10 000 $ à chaque restaurateur du Québec […] Il faut que les gens fassent leur part aussi. Je suis très à l’aise avec les représentations faites autant par les associations que les restaurateurs à savoir que les gens sont diligents et ne s’attendent pas que le gouvernement ne fasse juste des contributions. »

« Il faut trouver une façon [de] permettre aux bons opérateurs de pouvoir survivre à cette période-là », a-t-il ajouté.

Environ 1000 restaurants et bars cessent leurs activités bon an, mal an au Québec, a souligné le ministre Fitzgibbon.