Un trio de professionnels en financement d’entreprises qui a quitté la firme torontoise Integrated Asset Management après son achat par la montréalaise Fiera Capital, en juillet 2019, fait un retour dans le marché canadien de la dette privée d’entreprises en lançant sa propre société de prêts.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Nommée Private Debt Partners (PDP), l’entreprise cofondée par Jeffrey Deacon, Greg Dimmer et Jean-Christophe Greck sera établie à Toronto avec un bureau à Montréal.

Le premier projet du plan d’affaires de PDP est de lever 750 millions de dollars en capitaux provenant d’une vingtaine d’investisseurs institutionnels et de fortunes privées au Canada pour constituer un nouveau fonds de prêts aux entreprises en dette privée.

Ces prêts seront structurés sur mesure pour des entreprises canadiennes de taille intermédiaire bien établies qui recherchent du financement à coûts et à conditions stabilisés à long terme.

« Nous ciblons le marché du financement par titre de dette privée auprès d’entreprises canadiennes à la croissance bien établie, qui sont devenues trop grosses pour se financer auprès de leur succursale bancaire, mais qui sont encore trop petites pour aller dans le marché de la dette publique [marché des obligations d’entreprises] », explique Jean-Christophe Greck, cofondateur et coassocié-directeur de PDP, en entretien avec La Presse.

Selon la description de leur projet de « Fonds canadien de prêts directs », les cofondateurs de PDP disent vouloir constituer un « portefeuille diversifié de prêts à taux d’intérêt fixe et à long terme » parmi une vingtaine d’entreprises canadiennes qui « bénéficient d’un excellent positionnement sur le marché, d’équipes de gestion ayant fait leurs preuves et d’une solide performance financière ».

Jean-Christophe Greck précise que ces prêts en dette privée sont prévus pour des montants allant « de 10 à 50 millions », auprès d’entreprises de taille intermédiaire avec un effectif de « 100 à 500 employés », et des résultats de base comptant « un BAIIA [bénéfice avant les charges d’intérêts, d’impôts et d’amortissements] annuel de 3 à 20 millions ».

« Demande accrue de financement »

Comme c’est l’usage dans le milieu du financement privé, PDP prévoit sélectionner les entreprises admissibles à son « Fonds canadien de prêts directs » surtout parmi les références qui lui proviendront de firmes-conseils en services professionnels. Selon M. Greck, cette sélection s’effectuera en fonction de critères d’analyse financière semblables à ceux des agences de notation de crédit.

« Dans la conjoncture actuelle d’un resserrement de l’offre de crédit aux entreprises parmi leurs prêteurs habituels dans le secteur bancaire, il y a une demande accrue de financement fait sur mesure et stable à long terme parmi les entreprises qui étaient déjà en bonne santé avant de subir le choc économique de la pandémie », estime le cofondateur de PDP.

Dans la mesure où sa recherche de capitaux d’investisseurs institutionnels se déroule comme prévu d’ici la fin de l’année, PDP prévoit de réaliser les premiers contrats de dette privée dans son « Fonds canadien de prêts directs » au début de 2021.