(Washington) L’activité dans les services aux États-Unis a reculé en avril, pour la première fois depuis décembre 2009, touchée par les mesures de confinement imposées face à la pandémie,  selon l’indice de l’association professionnelle ISM publié mardi.

Agence France-Presse

L’indice est tombé à 41,8 %, contre 52,2 % en mars. Il passe ainsi, pour la première fois depuis 10 ans, sous la barre des 50 %, qui marque la différence entre recul et croissance de l’activité.

L’activité recule, après 122 mois ininterrompus de croissance. Mais pour trouver un niveau si bas d’activité, il faut remonter encore un peu plus loin, à mars 2009.

Deux secteurs des services ont toutefois vu leur activité croître en avril : l’administration publique et le secteur de la finance et de l’assurance.

Parmi les différentes composantes de cet indice, celui qui montre l’activité des entreprises du secteur chute de 22 points, pour s’établir à 26 %, son niveau le plus bas depuis la création de l’indice en 1997.

Les nouvelles commandes plongent également, et perdent 20 points par rapport à leur niveau de mars, pour s’établir à 32,9 %.

Quant à l’emploi, qui était déjà en baisse le mois précédent, il perd encore 17 points et tombe à 30 %.

Les livraisons sont également en baisse, mais ce recul en mars et avril est « essentiellement dû aux problèmes d’approvisionnement liés à la pandémie de coronavirus », précise Anthony Nieves, auteur du rapport, cité dans le communiqué.

Les prix, en revanche, ont grimpé de 5,1 points en avril, et s’établissent à 55,1 %.

Les responsables d’entreprises qui ont répondu à cette enquête mensuelle « sont préoccupés par les effets persistants du coronavirus sur la chaîne d’approvisionnement, la capacité opérationnelle, les ressources humaines et les finances, ainsi que par les délais incertains pour la reprise des activités et le retour à la normalité », détaille Anthony Nieves.

« L’activité non manufacturière s’est fortement contractée en avril, les fermetures et les mesures de distanciation sociale paralysant l’économie », a commenté Gregory Daco, d’Oxford Economics, dans une note.

Il est pessimiste pour les mois à venir, estimant que « les mesures de distanciation sociale sont progressivement levées, mais il faudra du temps pour réparer les dommages économiques ».