La pandémie de COVID-19 a contribué à un ralentissement certain dans la seconde moitié du mois, observe l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).

André Dubuc André Dubuc
La Presse

L’île de Montréal a enregistré un repli non négligeable de son activité (-5 %), alors que les ventes sont demeurées stables sur la Rive-Sud.

L’APCIQ vient de publier les plus récentes statistiques du marché immobilier résidentiel de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, établies d’après la base de données provinciale Centris des courtiers immobiliers.

« Au Québec, la RMR de Montréal est celle qui est la plus touchée par la propagation du virus, en raison de sa plus grande exposition aux échanges internationaux ainsi qu’à la taille et à la densité de sa population », explique dans un communiqué Charles Brant, directeur, Analyse du marché à l’APCIQ.

« En conséquence, ce marché est à la fois exposé à un stress psychologique causé par des mesures de distanciation plus strictes et davantage d’incertitudes sur le plan économique. Ces éléments participent à expliquer la baisse plus rapide et prononcée des transactions en comparaison des autres régions, notamment celle de Québec. »

Le niveau relativement élevé d’activité en mars est attribuable à la conclusion de transactions amorcées plus tôt dans l’année, explique l’organisme.

Le pire est à venir

« Par contraste à ce qui a été enregistré depuis le début de l’année, avril et mai devraient figurer parmi les mois les moins actifs jamais enregistrés pour la saison depuis 2000, ajoute M.  Brant. Dans un contexte où l’incertitude quant à l’issue économique de la crise est très élevée, il faut s’attendre à ce qu’acheteurs et vendeurs restent sur les lignes de côté. Loin d’être en situation de revirement, le marché observera plutôt une pause. »

Ainsi, 5907 ventes ont été enregistrées en mars, une hausse de 4 % par rapport au même mois l’an dernier. Il s’agit d’une 61e hausse mensuelle consécutive. Pour le premier trimestre, 14 662 transactions ont été enregistrées, une hausse de 13 %.

Attitude attentiste

En mars, on dénombrait 14 070 inscriptions résidentielles en vigueur dans la RMR de Montréal, soit 37 % de moins qu’à pareille date l’année dernière.

« Le nombre de nouvelles inscriptions a chuté de 22 %, ce qui est cohérent avec le début de l’adoption d’une attitude attentiste des vendeurs dans le contexte d’incertitudes et de fort ralentissement prévu du marché. Les mesures de distanciation sociale mises en place par le gouvernement provincial en sont l’essentielle cause », écrit l’APCIQ.

« Si l’activité du marché de la revente a enregistré un certain ralentissement dans la RMR de Montréal en mars, l’accélération de la croissance des prix s’est maintenue dans un marché toujours extrêmement tendu accompagné d’une baisse importante des taux d’intérêt », fait remarquer Julie Saucier, présidente et chef de la direction de l’APCIQ. « Le contexte que nous traversons aura au moins l’avantage de préserver Montréal d’un emballement à la hausse des prix, comme ce fut le cas dans d’autres marchés canadiens. Cela garantit aussi une plus grande stabilité des prix à moyen terme, en sortie de crise », ajoute-t-elle.