La baisse du prix du bois d’œuvre a nui à la rentabilité de BMR dont le dernier exercice s’est soldé par une « légère baisse » du bénéfice et des ventes stables dans son réseau de quincailleries. Mais le président, Pascal Houle, est convaincu que 2020 sera une année de croissance grâce à un « pipeline de projets » et de nouveaux marchands.

Marie-Ève Fournier Marie-Ève Fournier
La Presse

Tout en devenant officiellement Sollio Groupe coopératif jeudi, la Coop fédérée a dévoilé les résultats financiers de la division BMR au cours de son assemblée annuelle.

Le groupe a déclaré, pour l’exercice 2019, un excédent avant impôt (un bénéfice avant impôt) de 16,7 millions, en baisse de 0,2 million. Les revenus sont passés de 939,9 à 947,5 millions au cours de la période close le 26 octobre.

Le chef de la direction de Sollio, Gaétan Desroches, a précisé que le chiffre d’affaires avait crû de 7,6 millions grâce à l’acquisition du distributeur de matériaux de construction aux entrepreneurs Lefebvre & Benoît. Mais que les ventes de matériaux avaient reculé en raison de la chute des prix des commodités.

En somme, les ventes du réseau de 295 quincailleries sont demeurées stables.

« Une van de contreplaqué en 2018 se vendait 30 000 $, en moyenne. En 2019, c’était 15 000 $. En termes d’unités, on en a vendu autant si ce n’est pas plus. Mais en dollars […] ça a eu un impact de 30 millions sur les ventes », a précisé le chef de la direction de BMR, Pascal Houle, au cours d’un entretien avec La Presse.

Situation similaire chez la concurrence

La situation n’est pas plus facile pour Rona. L’évolution des ventes de ses magasins comparables (une donnée clé dans l’industrie) a été « légèrement négative » au cours du trimestre clos le 1er novembre, a-t-on appris mercredi. Mais du côté de Home Depot, tant le troisième trimestre clos en novembre que le quatrième clos au début février se sont conclus par des ventes comparables en augmentation au Canada.

En ce qui concerne les ventes comparables de BMR pour l’exercice, M. Houle n’était pas en mesure de les fournir. Par contre, il a précisé que celles des 15 magasins corporatifs du groupe – qui génèrent 25 % du chiffre d’affaires – avaient atteint 9 % au dernier trimestre.

COVID-19 et crise ferroviaire

Les dirigeants de Sollio ont par ailleurs fait le point sur les divers impacts du COVID-19 et de la crise ferroviaire canadienne sur la division Olymel (voir onglet précédent). Son PDG Réjean Nadeau a notamment raconté que les conteneurs étaient bloqués en Chine, en raison du manque de personnel pour les expédier.

Mais jusqu’ici, BMR a été épargné par ces deux évènements, a assuré Pascal Houle.

La plupart de nos produits saisonniers sont déjà rentrés dans nos entrepôts. La petite proportion qui vient de Chine est déjà dans nos entrepôts ou livrée chez une majorité de nos marchands.

Pascal Houle

« L’autre impact qu’on pourrait avoir c’est le bois qui provient de l’Ouest, le contreplaqué, le bois plus large, à partir du 2x2, 2x10, 2x12. Jusqu’ici, nos inventaires, nos centres de distribution, sont quand même assez pleins. On est en mesure de répondre à la demande des prochaines semaines », a-t-il poursuivi.

Nouveaux marchands en 2020

Malgré la désaffiliation le 1er janvier dernier d’une vingtaine de magasins et la fermeture d’une dizaine de magasins en 2019, Pascal Houle soutient que la croissance demeure possible. « Oui, on prévoit une croissance. Vous surveillerez l’actualité des prochaines semaines et des prochains mois, on a des projets, il y a des marchands qui vont [se joindre à] BMR. »

Jeudi, La Presse a révélé que le nombre de BMR a reculé depuis deux ans, passant de 298 à 295.

L’optimisme du dirigeant est amplifié par « des projets d’expansion » dans les filiales Lefebvre & Benoît et CDL (un fabricant et distributeur d’équipements pour la production de produits de l’érable acquis il y a un an). « On a aussi des projets de croissance en Ontario pour BMR. Le pipeline de projets est plein malgré un secteur du détail en consolidation. »

Ces projets s’ajoutent à l’important virage numérique en cours qui inclut l’implantation d’un progiciel de gestion intégrée SAP. L’important investissement permettra notamment aux clients de cueillir en magasin leurs achats effectués en ligne, ce qui n’est possible que dans les deux concepts urbains appelés La Shop BMR.

Magasins fermés

Pascal Houle a tenu à préciser que la dizaine de quincailleries fermées en 2019 dont il était question dans notre reportage de jeudi n’étaient pas exploitées par BMR. Elles étaient plutôt la propriété de coopératives régionales, qui sont membres de la Coop fédérée. BMR ne possède que 15 magasins sur 295.