Sollio Groupe Coopératif plaide pour une plus grande autonomie alimentaire. Si le Québec peut difficilement faire pousser des ananas, la province a toutefois le potentiel pour produire et transformer davantage de denrées comme le soya et les pois chiches, soutient Gaétan Desroches, chef de la direction de la coopérative qui a atteint un chiffre d’affaires de près de 8 milliards cette année.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

Présentement, la Belle Province transforme 70 % de ce qu’elle produit. « L’autonomie alimentaire au Québec, c’est possible pour ce qu’on peut produire de façon efficace avec nos avantages concurrentiels, a déclaré M. Desroches, dans le cadre d’une conférence organisée par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), lundi. On est un gros exportateur de soya sans OGM, produit de façon écologiquement responsable, donne-t-il en exemple. On exporte presque tout au Japon pour faire du tofu, du miso, du lait de soya. Pourquoi ne pas en faire une filière au Québec et le transformer ici avec la demande de protéine végétale qui s’en vient ? ».

La production de pois chiches et de fèves rouges, aliments de plus en plus prisés des consommateurs, pourrait également être envisageable pour les agriculteurs québécois, croit M. Desroches.

Rentabilité pour le producteur et intérêt du consommateur, voilà la clé selon lui. « Au Québec, on a déjà essayé de faire pousser des artichauts. Ça a fonctionné, mais on n’avait pas les rendements suffisants pour permettre aux producteurs de bien vivre de leur production », illustre-t-il.

L’importance des exportations

S’il croit en une plus grande autonomie pour le Québec, le chef de la direction de Sollio Groupe Coopératif, souligne l’importance des exportations. « On ne peut pas tout produire, donc on a besoin de l’exportation pour réussir à équilibrer notre balance commerciale. »

Il défend du même souffle l’industrie porcine dont 70 % de la production est destinée aux marchés extérieurs. « L’exportation de porc (ça n’implique pas) 3-4 personnes. C’est plus de 31 000 emplois au Québec, c’est 1700 fermes où il y a plus de 14 000 travailleurs. »

Invité à commenter un article paru lundi dans Le Devoir, où l’on indiquait que la filière porcine avait reçu plus d’un milliard en 10 ans de la part des différents paliers de gouvernement, M. Desroches s’est dit convaincu de la rentabilité de ces investissements.

« Les gouvernements n’ont pas le choix de soutenir leur agriculture, a-t-il ajouté au cours d’un point de presse en marge de la conférence. Compte tenu de l’excellente production que l’on fait… Il y a beaucoup d’avantages à continuer de soutenir notre production porcine au Québec avec tout ce que les producteurs ont mis en place au niveau du bien-être animal, de la gestion des fumiers, on est vraiment à des lieux de (ce qui se faisait) il y a 40 ans. »