La pandémie frappe de plein fouet les jeunes travailleurs, qui sont les plus nombreux à se retrouver au chômage. Faute d’emploi, beaucoup de ces jeunes de 15 à 24 ans ont décidé de rester aux études ou d’y retourner, ce qui est un mal pour un bien, selon une étude de l’Institut du Québec.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

« Avant la COVID-19, les jeunes étaient plus que jamais sollicités par le marché du travail, explique Mia Homsy, présidente directrice de l’Institut du Québec (IDQ) et auteure de l’étude. Les employeurs allaient les chercher sur les bancs d’école. »

La crise a changé complètement les perspectives pour cette catégorie de travailleurs.

Les 15-24 ans représentent 13 % des travailleurs du Québec et ils ont subi la moitié des pertes d’emplois depuis le début de la pandémie.

Mia Homsy, présidente directrice de l’Institut du Québec

À partir des données de Statistique Canada, l’étude relève que le Québec a perdu 107 100 emplois depuis le mois de mars. Près de 60 000 de ces emplois étaient occupés par des jeunes de 15 à 24 ans. Les jeunes ont aussi été plus touchés par les pertes d’emplois à temps plein qu’à temps partiel. Ces pertes d’emplois se concentrent surtout dans trois secteurs : l’hébergement et la restauration, la fabrication et l’information, la culture et les loisirs.

La reprise de l’emploi a été plus lente, sinon inexistante, dans les secteurs qui emploient le plus grand nombre de jeunes, notablement dans l’hébergement et la restauration, où les perspectives restent sombres en raison des mesures sanitaires. Résultat, le taux de chômage des 15-24 ans est passé de 9,2 % à 14,8 %.

L’attrait des bancs d’école

En outre, 25 000 d’entre eux ont quitté le marché du travail et ne sont pas considérés comme des chômeurs. « Dans certains cas, l’option de rester plus longtemps sur les bancs d’école, soit pour terminer des études en cours ou [soit] pour poursuivre des études en attendant de meilleurs jours, est devenue plus attrayante, souligne l’étude. À plus long terme, cette avenue devrait s’avérer positive tant pour les jeunes que pour la société. »

Selon la PDG de l’Institut du Québec, cet attrait renouvelé pour les études se confirme par une hausse des inscriptions au cégep et à l’université, et par une diminution des abandons.

« Pour certains jeunes qui étaient prêts à intégrer le marché du travail, diplôme en poche, la pandémie se traduit par une perte d’expérience, mais ceux qui font le choix de poursuivre leurs études auront de meilleurs outils pour rebondir », dit-elle.

À plus long terme, le marché du travail redeviendra favorable aux jeunes, conclut Mia Homsy. « Quand on regarde les tendances démographiques et le fait que des départs à la retraite ont été devancés à cause de la pandémie, les besoins de main-d’œuvre augmenteront. »