(Washington) La Banque centrale américaine a annoncé jeudi de nouvelles restrictions sur la façon dont les plus grandes banques du pays dépensent des capitaux en vue de protéger le système financier contre les risques pour l’économie posés par la pandémie de COVID-19.

Agence France-Presse

Concrètement, elle a interdit aux 34 plus grandes banques du pays, dont JPMorgan, Wells Fargo et Bank of America, de procéder au troisième trimestre à des programmes de rachat d’actions.

Elle leur ordonne en outre de limiter les versements de dividendes aux actionnaires, a-t-elle précisé dans un communiqué.

Cette décision, une première depuis la Grande récession, est consécutive aux tests de résistance bancaire dont les résultats ont été publiés jeudi.

Aux côtés des tests habituels, la puissante institution financière américaine indique avoir mené « des analyses de sensibilité supplémentaires à la lumière de l’évènement du coronavirus ».

Il s’agissait d’évaluer leur résilience dans le cadre de trois récessions hypothétiques, ou scénarios de baisse, qui pourraient résulter de l’impact de la pandémie.

Les scénarios comprenaient une récession et une reprise en forme de V c’est-à-dire soutenue ; une récession et une reprise plus lente, dite en forme de U ; et une récession en W avec une double récession.  

Dans les trois scénarios baissiers, le taux de chômage a culminé entre 15,6 % et 19,5 %, nettement plus que lors des scénarios de tests de résistance effectués avant la pandémie.

En outre, « dans l’ensemble, les pertes sur prêts des 34 banques ont varié de 560 milliards de dollars à 700 milliards de dollars dans l’analyse de sensibilité et les ratios de fonds propres globaux sont passés de 12,0 % au quatrième trimestre de 2019 à entre 9,5 % et 7,7 % » dans les scénarios envisagés, détaille la Réserve fédérale.

Elle souligne toutefois que ces scénarios « ne sont pas des prédictions ou des prévisions de la trajectoire probable de l’économie ou des marchés financiers ».

La Banque centrale a néanmoins demandé aux banques de réévaluer leurs plans d’investissement à plus long terme.

Toutes les grandes banques devront soumettre à nouveau « leurs plans plus tard cette année pour prendre en compte les tensions actuelles » afin d’aider les entreprises à réévaluer leurs besoins en capital pendant cette période d’incertitude.  

La Fed précise qu’elle procédera à une analyse supplémentaire chaque trimestre pour déterminer si des ajustements sont nécessaires.

Les tests de résistance annuels avaient été mis en place par la loi Dodd-Frank après la crise financière de 2008. Ils ont pour but de déterminer si ces groupes bancaires américains et filiales de banques étrangères, présentent des risques systémiques en cas de crise et s’ils disposent de suffisamment de liquidités.