(Ottawa) La ministre Mélanie Joly annonce 30 millions de dollars pour appuyer l’industrie touristique québécoise, alors que le premier ministre Justin Trudeau laisse entendre que le retour des voyageurs internationaux n’est pas pour bientôt.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Cette nouvelle aide financière que dévoile mardi à Sherbrooke la ministre du Développement économique s’ajoute aux 70 millions dégagés à la fin de mai à l’intention du secteur, l’un de ceux qui ont été frappés le plus durement par la pandémie de COVID-19.

Une partie de l’argent provient du Fonds d’aide et de relance régionale (FARR) de 962 millions créé à la mi-avril. Les sommes permettront aux entreprises d’adapter leurs installations aux nouvelles normes sanitaires liées au virus et de déployer des programmes de marketing, entre autres.

« L’objectif numéro un est que nos entreprises touristiques survivent à la saison 2020 », a résumé Mélanie Joly, en entrevue à La Presse à la veille de cette annonce. On le sait, cela passe notamment par l’afflux de touristes québécois.

Les campagnes de marketing viseront cette clientèle locale : Destination Canada versera 6 des 30 millions à l’Alliance de l’industrie touristique du Québec pour tenter de compenser les baisses de revenus de la taxe sur l’hébergement.

N’empêche, bien que certains sondages pointent vers un regain d’intérêt des Québécois pour des voyages dans la province, la saison s’entame alors que les voyageurs étrangers ne peuvent toujours pas entrer au Canada.

« C’est sûr que ça va avoir un impact », constate la ministre Joly.

Pas de réouverture aux étrangers en vue

En conférence de presse à Ottawa, lundi, le premier ministre Justin Trudeau a suggéré que les frontières ne rouvriraient pas de sitôt aux étrangers – et ce, en dépit des pressions que commencent à exercer des compagnies aériennes au pays pour réclamer un assouplissement des mesures de restriction.

« Je comprends qu’il y a bien des opérateurs touristiques, il y a bien des lignes aériennes qui voudraient qu’on accueille des touristes, qu’on permette aux gens de venir au Canada », a-t-il laissé tomber au micro devant sa résidence de Rideau Cottage.

« Mais tous ces gens-là doivent comprendre que si on prend des pas trop rapidement, si on n’est pas sûrs de ce qu’on fait à chaque étape, on risque de retomber dans une deuxième vague, comme on est en train de voir dans certains endroits du monde, et de devoir refermer notre économie et se reconfiner, et je sais qu’il n’y a personne qui veut ça », a tranché le premier ministre.

Demandes des compagnies aériennes

De passage devant le comité parlementaire de la santé par visioconférence, lundi après-midi, les représentants de trois compagnies aériennes majeures au Canada y sont allés de leurs suggestions pour ouvrir les frontières et assouplir les restrictions en prenant des précautions nécessaires.

Air Transat et WestJet, par exemple, ont suggéré que le Canada mette en place certains « couloirs » sécuritaires avec des pays où les taux d’infection de COVID-19 sont moindres, pour assurer le tourisme.

En 2019, le Canada a établi un nouveau record de visiteurs internationaux, avec 22,1 millions d’arrivées au pays. Cette année-là, le secteur qui emploie environ 1,8 million de personnes à l’échelle nationale a généré quelque 104,9 milliards en dépenses touristiques, selon Destination Canada.

— Avec La Presse canadienne