(Montréal) Le syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, revient à la charge avec sa revendication d’une prime de risque pour les agents de sécurité, arguant qu’ils sont dorénavant investis de la responsabilité supplémentaire de faire respecter les consignes de distanciation sociale, en plus d’être particulièrement exposés à une contamination par le public.

La Presse canadienne

Le syndicat qui représente plus de 15 000 agents de sécurité rappelle que ceux-ci sont postés dans les commerces essentiels, comme les épiceries et pharmacies, mais aussi les résidences pour personnes âgées, les hôpitaux et les centres de dépistage, par exemple.

Ils doivent notamment questionner les gens sur leur état de santé, s’assurer qu’ils se lavent les mains, faire respecter la capacité maximale d’un établissement, et intervenir lorsque deux personnes n’observent pas une distance de deux mètres entre elles.

Le président de la section locale 8922, Patrick Pellerin, avancent qu’ils sont donc « en première ligne », agissant comme un « filtre » face à un public de plus en plus impatient et parfois même agressif. Plusieurs centaines de ces syndiqués ont été placés en quarantaine ou ont reçu un diagnostic de COVID-19, rapporte-t-il.

« Si on n’était pas là comme premier filtre, j’aimerais bien savoir comment ça se passerait dans ces établissements-là », a lancé M. Pellerin, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne dimanche.

Les agents de sécurité constituent à ses yeux les grands oubliés des divers incitatifs offerts en temps de pandémie, accordés entre autres dans les domaines de la santé et de l’alimentation.

Le Syndicat des Métallos souligne qu’entre-temps, les agences privées font pourtant d’excellentes affaires, avec une hausse de la demande pour leurs services. Une pétition lancée en début de semaine dernière sur le site de l’Assemblée nationale demande au gouvernement d’intervenir et de forcer la main des agences en instaurant une prime de haut risque rétroactive au 15 mars. La pétition cumulait plus de 3500 signatures en fin d’avant-midi, dimanche.

Les agents de sécurité sont rémunérés en vertu d’un décret de convention collective, ce qui implique qu’il concerne tant ceux qui sont syndiqués que ceux qui ne le sont pas. En vertu de ce décret, depuis décembre dernier, le salaire de base d’un agent de sécurité classe A est de 18,04 $ l’heure et de 18,29 $ pour un agent de classe B.