Les ventes d’habitations au Canada ont fléchi en mars par rapport à février, alors que la pandémie de COVID-19 a commencé à s’installer et a imposé une pause à la plupart des acheteurs et des vendeurs.

Ian Bickis
La Presse canadienne

Selon l’Association canadienne de l’immeuble (ACI), les ventes de propriétés ont diminué de 14,3 % en mars par rapport au mois précédent, sur une base désaisonnalisée.

Cette baisse marque un glissement brutal à la baisse par rapport à ce qui s’annonçait comme un printemps chargé pour les ventes de maisons.

« Le monde n’est pas près d’oublier mars 2020 », a affirmé le président de l’ACI, Jason Stephen, dans un communiqué.

« Le vendredi 13, tout a tourné au cauchemar. »

Les restrictions sur la distanciation physique et la fermeture des entreprises non essentielles ont commencé à la mi-mars dans le but de ralentir la propagation de la COVID-19.

Alors que les services des agents immobiliers ont été désignés comme essentiels, les chambres immobilières ont demandé des mesures de plus en plus strictes pour éviter, autant que possible, les activités en personne.

Par rapport à il y a un an, les ventes de maisons en mars ont augmenté de 7,8 %, mais l’ACI a noté que cette croissance annuelle contrastait fortement avec celle de près de 30 % enregistrée en février.

En outre, les données de mars n’ont commencé à baisser que vers la fin du mois, a souligné l’économiste principal de l’ACI, Shaun Cathcart.

« Pour comprendre ce que nous réservent les prochains mois, il faut regarder les chiffres de la deuxième moitié de mars et ne pas oublier que c’est seulement à la quatrième semaine que le ralentissement le plus important a eu lieu. Les données préliminaires de la première semaine d’avril suggèrent que le nombre de ventes et le nombre de nouvelles inscriptions n’ont atteint que la moitié de leur niveau habituel pour cette période de l’année. »

Le déclin a varié selon les régions. Les ventes de Calgary ont enregistré une baisse de 26,3 %, pendant que celles de la région du Grand Toronto ont diminué de 20,8 %. Les ventes de Montréal ont retraité de 13,3 %, celles d’Ottawa, de 7,9 %, celles du Grand Vancouver, de 2,9 %. À Regina, les ventes ont en fait progressé de 7,1 %.

Le prix moyen national d’une maison vendue en mars était d’un peu plus de 540 000 $, en hausse de 12,5 % par rapport à il y a un an. Parallèlement, l’indice des prix des propriétés de l’ACI a augmenté de 6,9 % par rapport à un an plus tôt.

En excluant les régions du Grand Toronto et du Grand Vancouver, deux des marchés de l’habitation les plus actifs et les plus dispendieux du pays, le prix moyen était d’environ 410 000 $.

Le ratio ventes aux nouvelles inscriptions a chuté à 64 %, contre 65,4 % en février, un changement relativement faible compte tenu de ce qui se passe, a observé l’économiste en chef des Centres hypothécaires Dominion, Sherry Cooper.

« Bien que cela soit légèrement en baisse, le tableau d’ensemble montre que cette mesure de l’équilibre du marché a remarquablement peu changé compte tenu de la mesure dans laquelle les conditions économiques et sociales actuelles affectent à la fois les acheteurs et les vendeurs. »

Selon elle, compte tenu du fait que le marché était encore largement équilibré en mars, l’impact sur les prix des logements mettra probablement un peu plus de temps à se manifester.