(Ottawa) Le Canada et ses partenaires du G20 ne se joindront pas pour l’instant aux pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) qui réduisent la production de pétrole pour arrêter la flambée des prix causée par la crise de la COVID-19 et une guerre des prix entre l’Arabie saoudite et la Russie, a déclaré vendredi le ministre des Ressources naturelles.

Mike Blanchfield
La Presse canadienne

À la suite d’une vidéoconférence avec ses homologues du G20, Seamus O’Regan a déclaré qu’ils s’entendaient sur les politiques et le principe général que dans le marché mondial de l’énergie, la stabilité est liée à la sécurité et à la prospérité de chacun.

La rencontre survient au lendemain de la décision de l’OPEP et de ses pays partenaires de prendre des mesures visant à augmenter les prix du pétrole en réduisant la production d’un dixième de l’offre mondiale, ou jusqu’à de 10 millions de barils par jour.

« Nous n’avons pas discuté de chiffres, a dit M. O’Regan. Ce n’était pas au sujet des chiffres. »

Il a estimé que la rencontre a été un succès en partie parce qu’il semble que la Russie et l’Arabie saoudite —tous deux membres du G20 — ont trouvé une solution à la suite de leur guerre internationale des prix du pétrole.

En mars, la Russie qui refusait de réduire sa production a suscité la colère de l’Arabie saoudite qui a répliqué en augmentant sa production de pétrole et en réduisant ses prix.

« C’était vraiment quelque chose qu’eux et tout le monde soient d’accord sur la nécessité de prix stables, a déclaré M. O’Regan. La solidarité est le mot qui m’est venu à l’esprit. »

« Nous ne sommes pas encore là où nous devons être, mais je pense que c’est certainement un pas dans la bonne direction et nous avons grandement progressé par rapport à hier. »

Le ministre O’Regan a refusé à maintes reprises de spéculer quant à savoir si le Canada pourrait envisager de réduire sa production dans le cadre d’efforts multilatéraux visant à ramener la stabilité indispensable sur le marché mondial de l’énergie.

Il a noté qu’il est bien connu que la production a chuté à Terre-Neuve, en Alberta et en Saskatchewan. À elle seule, l’Alberta a vu sa production quotidienne chuter de 80 000 barils.

Plus tôt vendredi, le premier ministre Justin Trudeau a refusé de dire si le Canada prendrait des mesures pour réduire sa production.

« Comme nous le savons, l’Alberta a déjà réduit sa production et le fait depuis un certain temps maintenant », a-t-il mentionné.

« Nous allons continuer de nous assurer que d’autres pays font leur part et que les gens comprennent que la chose la plus importante à travers cela est de s’assurer que les familles et les travailleurs à travers le pays, et même partout dans le monde, obtiennent le soutien dont ils ont besoin pour traverser cette crise en toute sécurité », a affirmé le premier ministre.

M. O’Regan a affirmé que le plan de sauvetage du secteur canadien de l’énergie est pour bientôt, mais il n’a pas précisé quand il sera dévoilé.

Il a dit qu’il comprendra des mesures visant à améliorer les « liquidités » des compagnies du secteur de l’énergie.

Bien que de l’essence moins chère peut sembler être une aubaine à la pompe, le ministre O’Regan a estimé qu’un marché du pétrole et du gaz sain a un impact énorme sur l’économie canadienne.

Le Canada est le quatrième producteur mondial de pétrole. Le secteur emploie directement ou indirectement plus de 830 000 personnes.

Un secteur énergétique sain est vital pour le Canada dans sa lutte contre les changements climatiques et pour la transition éventuelle vers des sources d’énergie renouvelables plus propres, a dit M. O’Regan.

« La seule façon d’y parvenir est vraiment de travailler avec notre industrie pétrolière et gazière » en raison des innovations dans l’industrie elle-même, a-t-il déclaré.

« Tous les secteurs de l’économie souffrent, a dit M. O’Regan, mais le pétrole et le gaz subissent un coup important. Personne ne conduit, personne ne prend l’avion. »