(New York) Les prix du pétrole ont terminé en légère baisse mardi l’ultime séance de leur meilleure année depuis 2016, marquée par l’espoir d’un regain de demande en énergie avec l’apaisement des tensions commerciales et l’engagement de l’OPEP à contenir sa production.

Agence France-Presse

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a reculé de 67 cents, ou 1,0 %, pour finir à 66,00 dollars.

À New York, le baril américain de WTI pour février a lâché 62 cents, ou 1,0 %, pour finir à 61,06 dollars.

Les cours ont reculé mardi malgré une montée de tensions au Moyen-Orient, les États-Unis ayant dépêché des renforts militaires pour protéger leur ambassade à Bagdad, prise d’assaut par des milliers d’Irakiens pro-Iran. Une aggravation de la situation pourrait y perturber la production d’or noir.

Mais dans un marché aux échanges modérés en cette période de vacances, les investisseurs en ont profité pour engranger quelques profits.  

Sur l’année, le Brent et le WTI ont en effet respectivement pris environ 23 % et 34 % et ce malgré une demande apathique et une production américaine record.

Cette hausse s’explique en partie par un effet de calendrier, les cours ayant fortement chuté fin 2018.  Le Brent comme le WTI restent ainsi environ 20 % en dessous du pic atteint en octobre 2018.

Selon Lukman Otunuga, analyste pour FXTM, cette année 2019 aura été marquée par « les tensions géopolitiques, les rebondissements concernant le commerce entre les États-Unis et la Chine, la hausse de la production de gaz de schiste américain et les inquiétudes sur un ralentissement de la croissance mondiale ».

Ce dernier point a été illustré par la demande de pétrole qui a été, cette année, « la plus faible en presque une décennie », a-t-il ajouté.

Point d’orgue de 2019, une attaque sur des installations pétrolières saoudiennes à la mi-septembre a réduit de moitié la production du pays, faisant bondir les cours de presque 15 % en une seule journée, un mouvement qui n’avait pas été observé depuis décembre 2008 pour le WTI et depuis le début de la compilation des données de Bloomberg, qui remonte jusqu’à 1988 pour le Brent.

Les prix sont ensuite rapidement retombés face au retour des inquiétudes sur un surplus d’or noir et tandis que la production saoudienne revenait à la normale.

Mais « l’optimisme sur un accord commercial de “phase un” entre les États-Unis et la Chine, couplé à une baisse plus importante que prévu de la production de l’OPEP, a ensuite soutenu » les cours, les faisant récemment revenir à des niveaux plus vus depuis l’attaque, a rappelé M. Otunuga.

Le 6 décembre, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs partenaires, dont la Russie, ont annoncé à Vienne s’être entendus pour réduire leur production d’au moins 500 000 barils par jour (mbj) supplémentaires afin de soutenir les cours du brut, portant l’effort total de limitation de l’offre à 1,7 million de barils par jour pour l’ensemble du groupe de 24 pays.

Une semaine plus tard, les États-Unis et la Chine ont annoncé un accord préliminaire, marquant une trêve après 19 mois de guerre commerciale.