(Ottawa) L’économie canadienne s’est légèrement contractée en octobre, avec un produit intérieur brut réel en baisse de 0,1 % par rapport à septembre — le premier recul d’un mois à l’autre depuis février, a indiqué lundi Statistique Canada.

La Presse canadienne

Les économistes avaient prévu un taux inchangé par rapport à septembre, selon la société de données sur les marchés financiers Refinitiv, en dépit d’une vague récente de rapports de Statistique Canada qui indiquaient un ralentissement important dans certains secteurs.

Ce ralentissement comprend la plus forte baisse d’un mois à l’autre des ventes au détail depuis mars 2016 ainsi que des déclins importants des ventes en gros et de la fabrication.

« Les marchés et la Banque du Canada ont été tentés de donner le signal que tout était “en ordre” […] mais une baisse de 0,1 % du PIB en octobre met l’économie sur une trajectoire froide au début du quatrième trimestre », a affirmé l’économiste en chef de la CIBC, Avery Shenfeld, dans une note aux clients.

« Vous devez remonter jusqu’en juin pour trouver une croissance mensuelle supérieure à 0,1 %, et avec la forte baisse de l’emploi signalée pour novembre, il y a au moins quelques doutes sur la tendance sous-jacente à la fin de cette année », a-t-il ajouté.

Brian DePratto, économiste principal à Services économiques TD, a écrit que le rapport de Statistique Canada dévoilé lundi amène la TD à réduire de manière importante sa prévision de croissance du PIB au quatrième trimestre, à seulement 0,5 % en rythme annualisé.

« S’il était confirmé, ce rythme de croissance serait, en écho aux données sur les ventes au détail, le plus faible depuis plus de trois ans, et bien en deçà du taux de 1,3 % de la Banque du Canada tiré de son rapport d’octobre sur la politique monétaire », a indiqué M. DePratto.

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 1,75 % depuis octobre 2018, malgré les réductions de taux pratiquées par d’autres banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine.

Sa décision sur les taux du 4 décembre, ainsi que les commentaires ultérieurs de responsables de la Banque du Canada, ont noté que l’économie intérieure semblait résiliente, mais que le plus grand risque provenait des conflits commerciaux pesant sur l’activité économique mondiale.

Les données sur l’emploi ont surpris les analystes le 6 décembre lorsque Statistique Canada a annoncé que l’économie avait perdu 71 200 emplois en novembre, faisant grimper le taux de chômage national à 5,9 % — le plus haut depuis août 2018.

Le rapport sur le PIB fait état en octobre de la plus forte baisse d’un mois à l’autre du commerce de détail depuis mars 2016 — en recul de 1,1 %, avec 10 des 12 sous-secteurs en baisse.

Le commerce de gros (en baisse de 1,0 %) et la fabrication (en baisse de 1,4 %) ont également reculé.

M. DePratto a déclaré que la fabrication représentait le plus grand frein à l’économie.

« La plus grande histoire a été les retombées d’une grève dans le secteur automobile américain qui a fait chuter la fabrication de matériel de transport de 2,5 %, mais il y a eu d’autres éléments qui ont pesé sur les résultats », a écrit M. DePratto.

« Huit des 10 sous-secteurs ont enregistré une baisse de leur production en octobre, y compris la fabrication de machines, les produits métalliques et les produits du bois, ainsi que les produits en caoutchouc et en plastique. »

Ces baisses n’ont été que partiellement compensées par une progression dans le secteur des mines, des carrières et de l’extraction de pétrole et de gaz (en hausse de 0,1 % dans l’ensemble) ainsi que dans les services de transport et d’entreposage (en hausse de 0,6 %).