(Montréal) Il semble exister deux classes d’employés du secteur public au Québec, soit ceux de l’administration gouvernementale et les « autres » appartenant aux sociétés d’État ainsi qu’aux institutions fédérales et aux municipalités. C’est ce qui ressort des nouvelles données sur la rémunération des salariés de l’Institut de la statistique (ISQ).

Ugo Giguère
La Presse canadienne

En matière de rémunération globale, soit en incluant les salaires, les avantages sociaux et le nombre d’heures travaillées, on observe un ronflant écart de 24,9 % en faveur des « autres travailleurs de secteurs publics ».

Ces données ont été rendues publiques jeudi matin dans le rapport « Rémunération des salariés. État et évolution comparés » de l’ISQ.

C’est du côté des employés municipaux, au sein des villes de plus de 25 000 habitants, que l’on retrouve l’écart le plus imposant. Les fonctionnaires municipaux profitent d’une rémunération globale supérieure de 35 % à celle du personnel de l’administration provinciale qui occupent des postes comparables.

D’un point de vue strictement salarial, l’écart est de 23,5 % en faveur des employés municipaux.

Face aux sociétés d’État québécoises, le retard s’élève à un peu plus de 23 %, et face aux employés fédéraux de même compétence, le manque à gagner est de 17 %.

Dans la méthodologie de l’ISQ, l’administration québécoise comprend les employés de la fonction publique ainsi que ceux des réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux, mais en excluant les enseignants et les infirmières puisque le bassin de postes comparatifs n’est pas assez important en dehors du secteur public.

Parité avec le privé

Ces mêmes fonctionnaires de l’administration québécoise, lorsque comparés aux entreprises de 200 employés et plus du secteur privé, se trouvent en position beaucoup plus favorable.

En matière strictement salariale, l’entreprise privée est plus payante pour les travailleurs qui empochent des revenus supérieurs de 10,2 %. Toutefois, lorsqu’on ajoute à l’équation les avantages sociaux et les heures de présence au travail, on atteint une zone paritaire.

Pour être plus précis, ce sont les fonctionnaires qui se retrouvent avantagés par une mince marge de 2,2 %, selon l’Institut de la statistique.

L’enquête est basée sur 74 emplois, répartis dans cinq catégories, qui représentent un échantillon d’environ un salarié régulier à temps plein de l’administration québécoise sur trois.

Les salaires et les avantages sociaux attribués aux travailleurs de l’administration québécoise sont tirés des conventions collectives en vigueur du 1er avril 2015 au 31 mars 2020.