Les immigrants habitant au Québec depuis moins de 10 ans représentent maintenant 19 % des acheteurs de propriétés de la province, selon une étude de Royal LePage publiée ce matin.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

L’agence a croisé les résultats d’un sondage commandé récemment à Léger avec des données de Statistique Canada sur la migration internationale et des chiffres de l’Association canadienne de l’immeuble portant sur le nombre de transactions et sur les unités écoulées. Le chiffre de 19 % est une moyenne sur cinq ans (de 2014 à 2018).

« Pour être honnête, la proportion d’acheteurs de maison a surpassé ce à quoi je m’attendais, dit Dominic St-Pierre, vice-président et directeur général de Royal LePage pour le Québec. À 20 %, les nouveaux arrivants constituent un acteur incontournable. S’ils n’étaient pas là, ce ne serait pas le même marché, c’est sûr ! »

« Si on coupait demain matin 20 % des acheteurs, on ne connaîtrait pas un marché effervescent comme on connaît actuellement, poursuit-il. C’est un segment du marché très significatif. »

Le marché de la revente est en effet à l’avantage des vendeurs dans plusieurs régions du Québec, notamment dans la région montréalaise et en Outaouais.

Soulignons que le sondage porte sur les nouveaux arrivants qui habitent au Canada, ce qui exclut les investisseurs étrangers.

Adaptation

Les agences immobilières s’adaptent à cette nouvelle clientèle qui gagne en importance. Dans certains secteurs de l’île de Montréal, il n’est pas rare qu’elles embauchent un courtier parlant le mandarin, par exemple, pour servir dans sa langue la clientèle chinoise.

En valeur absolue, les nouveaux arrivants achèteront 102 000 propriétés au Québec au cours des cinq prochaines années. Parmi ceux qui sont devenus propriétaires, plus de quatre sur cinq achètent une propriété dans la ville où ils ont élu domicile en arrivant au pays.

Le sondage nous apprend aussi que 83 % des nouveaux arrivants considèrent l’immobilier comme un bon investissement. Les deux tiers sont venus avec des économies en poche destinées à l’achat d’une propriété.

L’étude a été réalisée entre le 21 et le 27 août dernier à l’aide d’un panel en ligne de Léger regroupant 1500 nouveaux arrivants s’étant établis au Canada au cours des 10 dernières années. En moyenne, les répondants habitent le Canada depuis quatre ans. La marge d’erreur de l’étude est de plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20.