(Ottawa) Le gouvernement fédéral a dévoilé mardi avoir cumulé un déficit budgétaire de 14 milliards pour son exercice 2018-19. Il s’agit d’un troisième manque à gagner de plus de 10 milliards en autant d’années.

Andy Blatchford
La Presse canadienne

Le déficit de l’exercice financier clos le 31 mars était inférieur de 900 millions à la prévision faite par le gouvernement dans son budget fédéral du printemps.

Les revenus de l’exercice 2018-19 ont progressé de 21 milliards, soit 6,7 %, par rapport à l’exercice précédent, indique le rapport.

Le ratio des recettes publiques, soit les revenus totaux exprimés en pourcentage du produit intérieur brut, a grimpé à 15 % l’an dernier pour atteindre son plus haut niveau depuis avant la crise financière de 2007-08. La croissance de ce ratio, qui était de 14,5 % en 2017-2018, était principalement attribuable à la croissance des rentrées d’impôt sur le revenu des particuliers et des sociétés et des autres taxes et droits, précise le rapport.

Les gains des revenus ont été partiellement contrebalancés par une augmentation de 14,6 milliards, soit 4,7 %, des dépenses des programmes et par une progression de 1,4 milliard, ou 6,3 %, des frais de la dette publique.

Le déficit de 2018-19 fait suite à deux déficits consécutifs de 19 milliards, et le rapport financier d’Ottawa n’a pas montré de surplus depuis 2006-07.

Dans l’ensemble, la dette fédérale a atteint 685,5 milliards à la fin de 2018-19. Le rapport de la dette au PIB — une mesure du poids de la dette publique — a été ramené à 30,9 %, contre 31,3 % en 2017-18, indique le rapport.

Au cours des trois exercices financiers complets écoulés depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, le gouvernement fédéral a enregistré des manques à gagner totalisant 52 milliards, même si la croissance économique a été solide.

À quand le retour à l’équilibre ?

Les libéraux ont remporté les élections de 2015 avec une plateforme promettant notamment des déficits annuels ne dépassant pas 10 milliards et un retour à l’équilibre d’ici 2019.

Après leur arrivée au pouvoir, les libéraux ont renoncé à cette promesse et ont soutenu que des investissements encore plus importants étaient nécessaires pour améliorer la croissance économique à long terme du Canada. Le gouvernement s’est plutôt concentré sur la réduction du ratio de la dette au PIB chaque année.

Les conservateurs reprochent depuis longtemps aux libéraux de ne pas respecter leurs engagements de 2015 en matière de déficit et de ne pas avoir d’échéancier pour rétablir l’équilibre budgétaire. Ils ont accusé en outre les libéraux d’emprunter sur le dos des générations futures.

Dans la cadre de la campagne électorale, les libéraux de Justin Trudeau ont présenté des projections prévoyant cinq années supplémentaires de déficits d’au moins 10 milliards.

Le chef conservateur Andrew Scheer promet quant à lui de sortir le Canada du rouge d’ici environ cinq ans.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) de Jagmeet Singh, qui avait promis des budgets équilibrés lors de chacune des dernières campagnes électorales, n’a plus d’échéancier pour un retour à l’équilibre. Au lieu de cela, il se concentre sur la réduction du ratio de la dette au PIB chaque année.

La chef des verts, Elizabeth May, s’est engagée à rétablir l’équilibre budgétaire du Canada dans cinq ans.

Seul le nouveau Parti populaire du Canada de Maxime Bernier promet une voie rapide vers des budgets équilibrés, estimant être en mesure de le faire d’ici deux ans.