(Washington) L’activité économique aux États-Unis a poursuivi son rythme «modeste» de croissance au cours de l’été, selon un rapport de la Fed mercredi, qui note toutefois que, malgré la guerre commerciale, «la majorité des entrepreneurs restent optimistes à court terme».

Agence France-Presse

Alors que la majorité des régions ont rapporté une légère progression de leur activité, trois sur douze (Cleveland, Saint Louis et Minneapolis) ont vu leur économie stagner en juillet et août, une région de plus que dans le précédent Livre Beige, un rapport de conjoncture de la Banque centrale américaine publié toutes les six semaines.

En dépit du handicap des tensions commerciales citées une vingtaine de fois dans le rapport, les milieux d’affaires «demeurent optimistes à court terme» notamment dans les secteurs des services (New York, Philadelphie), de la consommation (Cleveland) et du bâtiment (Dallas).

Les conditions climatiques défavorables, associées aux faibles prix des matières premières et à la surenchère des tarifs douaniers avec la Chine, ont nettement affecté les régions agricoles (Saint-Louis, Minneapolis, Kansas City).  

Déjà officiellement révélé par les chiffres de la production industrielle, le secteur manufacturier est en berne avec une activité générale en «léger retrait» aux dires des responsables du secteur interrogés pour ce rapport de conjoncture qui paraît deux semaines avant la prochaine réunion monétaire de la Banque centrale. L’emploi manufacturier «est plat, voire en recul».

Ainsi à New York, les industriels «expriment de continuelles inquiétudes à propos des taxes douanières et des tensions commerciales».

Dans la région industrielle de Cleveland, plusieurs responsables ont rapporté avoir retardé des investissements en attendant d’y voir plus clair du côté commercial.

Ces indications font écho aux statistiques récemment publiées comme l’indicateur du secteur manufacturier ISM qui est tombé en août à son plus bas niveau en trois ans.

Elles reflètent aussi le durcissement récent du bras de fer entre Washington et Pékin.  

En début de semaine, Donald Trump a menacé la Chine d’une guerre commerciale encore plus dure s’il était réélu.

La faiblesse de la demande internationale du fait de la morosité des économies européennes et japonaise est signalée dans plusieurs secteurs, notamment les transports. 

Malgré ces obstacles aux échanges internationaux, les entrepreneurs trouvaient néanmoins des raisons de rester optimistes notamment du côté du consommateur. À New York, le tourisme a été «fort» en août et le taux d’occupation des hôtels a été «solide», même si davantage de touristes ont privilégié des motels moins chers.  

Dans la région de Philadelphie, c’est la demande pour les services financiers qui réjouissait les milieux d’affaires «pour le restant de 2019». Au Texas, ce sont les promoteurs immobiliers qui voyaient la suite de l’année avec optimisme.

La croissance du PIB américain a ralenti à 2% au 2e trimestre après 3,1% au 1er trimestre. Les marchés financiers, très volatils à cause des tensions commerciales, du Brexit et du ralentissement mondial, s’attendent à ce que la Fed baisse à nouveau légèrement les taux d’intérêt d’un quart de point de pourcentage le 18 septembre pour prolonger la reprise.