(Washington) La Bulgare Kristalina Georgieva est devenue officiellement mercredi la seconde femme à être nommée directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a annoncé le conseil d’administration de l’institution de Washington.

Agence France-Presse

Mme Georgieva, qui était la directrice générale de la Banque mondiale, était la seule candidate en lice. Agée de 66 ans, elle avait bénéficié d’un changement de statut du Fonds, relatif à la limite d’âge, pour rendre valide sa candidature.  

Son mandat d’une durée de cinq ans démarre le 1er octobre prochain.

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Kristalina Georgieva (à g.) s'entretenant avec le ministre canadien des Finances Minister Bill Morneau et Christine Lagarde lors d'une réunion des ministres des Finances du G7 à Whistler, en Colombie-Britannique, le 31 mai 2018. Mme Georgieva, qui était à l'époque directrice générale de la Banque mondiale, a succédé aujourd'hui à Mme Lagarde comme directrice générale du FMI.

Économiste de formation, elle remplace Christine Lagarde, qui a démissionné pour diriger la Banque centrale européenne (BCE).

Contexte difficile

« Je prends mes nouvelles fonctions en étant consciente des gros défis à relever. La croissance économique mondiale continue de décevoir, les tensions commerciales persistent, et le fardeau de la dette s’alourdit dans beaucoup de pays », a déclaré Mme Georgieva, citée dans un communiqué.

« Dans ce contexte, ma priorité immédiate à la tête du FMI sera d’aider des pays membres à minimiser le risque des crises et à être prêts à faire face au ralentissement économique », a-t-elle ajouté.

Avec le ralentissement de l’économie mondiale en particulier en Europe et la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, la nouvelle dirigeante du FMI va devoir s’atteler à une tâche ardue pour inciter les pays à prendre les mesures nécessaires pour ne pas faire dérailler la croissance.

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Christine Lagarde (à d.) salue sa successeure désignée Kristalina Georgieva à la porte de son bureau, au terme d'une rencontre le 20 septembre au siège social du FMI à Washinton. Mme Georgieva a succédé à Mme Lagarde aujourd'hui comme directrice générale.

La crise économique argentine sera probablement l’un des dossiers les plus épineux à court terme alors que les critiques se multiplient contre le FMI qui a accordé l’an passé un prêt de 57 milliards de dollars au pays, et déjà déboursé 44 milliards, en échange d’une cure d’austérité budgétaire. Des réunions techniques se déroulent d’ailleurs actuellement à Washington en présence des autorités argentines.

Une experte dans le domaine de l'environnement

Cheveux courts, Kristalina Georgieva, avenante et souriante, avait été désignée comme la candidate de l’Union européenne le 2 août à l’issue d’un vote serré en raison de divisions au sein de l’UE. Ses supporteurs avaient mis notamment en avant sa solide expérience dans la finance internationale.

À la Banque mondiale, où elle a effectué l’essentiel de sa carrière avant d’en devenir directrice générale en 2017, elle s’est forgée une expertise dans le domaine de l’environnement en multipliant les fonctions dans les domaines du développement durable et des questions agricoles notamment.

En outre, elle a beaucoup oeuvré en faveur des femmes appelant à une meilleure éducation des filles, à bannir les lois entravant le travail des femmes, incitant à l’entrepreneuriat des femmes, notamment en Afrique.

Sur ce point, elle devrait s’inscrire dans la continuité de Christine Lagarde qui a sans relâche affiché sa volonté d’agir en faveur de l’égalité des genres.