On ne connaît toujours pas l’identité de l’acquéreur des actifs de l’ex-Junex au Québec, mais on sait que ses partenaires dans la propriété pétrolière Galt demeurent inchangés et que l’État est toujours au capital.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Ressources Québec, filiale d’Investissement Québec, détient toujours 17,13 % dans la propriété, par l’entremise du fonds Capital Mines Hydrocarbures ; Gestion Bernard Lemaire, du nom du cofondateur de Cascades, a un intérêt de 30 %. L’acquéreur mystère de l’ex-Junex détient 52,87 % de Galt.

Cuda, de Calgary, a annoncé jeudi la signature d’ententes pour se départir de la totalité de ses actifs pétroliers et gaziers du Québec, dont Galt, dans le cadre d’une transaction évaluée à 10,59 millions. Le nom de l’acquéreur n’a pas été dévoilé.

Relisez le texte « L’ex-Junex quitte le Québec »

Galt est situé à 20 km à l’ouest de Gaspé. Il s’agit d’un gisement conventionnel de pétrole léger et de gaz naturel pour lequel aucune fracturation hydraulique n’est nécessaire. Le projet couvre une superficie de 16 645 acres. Le potentiel est d’y pomper 3000 barils de pétrole par jour, pour un total de 15 millions de barils.

Junex avait pompé 17 798 barils de pétrole du puits Galt 4, en 2016. Il s’agissait de la plus importante production de pétrole de l’histoire du Québec.

Les trois partenaires, Ressources Québec, Bernard Lemaire et ce qui s’appelait Junex à l’époque, ont financé un programme d’exploration relatif au développement du projet, d’une valeur de 14 millions. Ressources Québec a fourni 8,4 millions, soit environ 60 % des dépenses anticipées.

Le capital a été entamé et le programme d’exploration est toujours en cours.

Jean-Pierre Bernier, porte-parole d’Investissement Québec

Utica a manifesté de l’intérêt pour Galt dans le passé

Cuda avait racheté Junex en juin 2018. La transaction a été confirmée en août, mais les semaines précédentes avaient été mouvementées puisqu’une autre entreprise, Utica Resources, dirigée par Mario Lévesque, avait présenté deux offres non sollicitées pour tenter d’avaler Junex.

Il a été impossible de joindre Mario Lévesque, président d’Utica, pour savoir si Utica était l’acquéreur mystère des actifs de Junex au Québec. Utica est une société à capital fermé appartenant à Eutica d’Autriche. Le lobbyiste d’Utica, Yvan Loubier, de National, est actuellement en vacances.

Pétrole controversé

Le projet Galt soulève la controverse depuis un bon moment déjà. Dans le passé, Junex s’est heurtée à une vive opposition dans la mise en valeur de cette propriété, dont l’érection de barricades et l’occupation du site par des environnementalistes.

L’assemblée des actionnaires de Cuda jeudi à Montréal a été perturbée par une coalition de manifestants écologiques.

Cuda avait déposé un avis de projet auprès du ministère de l’Environnement en novembre dernier, en vertu de la Loi sur les hydrocarbures entrée en vigueur à l’été 2018, sous Philippe Couillard. Au 31 mars 2019, Cuda indiquait ne pas avoir obtenu le droit d’aller de l’avant avec le forage à Galt.

En vertu des nouvelles règles mises en place par le gouvernement québécois pour évaluer les projets d’hydrocarbures, l’acquéreur de Galt doit soumettre une étude d’impact qui comprendra une estimation des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par le projet. Et en plus de l’évaluation environnementale, il doit démontrer la viabilité économique de l’initiative à la Régie de l’énergie.

La Caisse de dépôt détenait une participation de 2,25 % dans Cuda au 31 décembre dernier.

Selon les informations transmises par Jean-Pierre Bernier, d’Investissement Québec, le gouvernement du Québec détient, en plus d’une participation directe de 17,13 % dans la propriété Galt, près de 6 % des actions de l’ancienne Junex. La participation de Québec se décline entre Ressources Québec (3,45 %) et le fonds Capital Mines Hydrocarbures (2,55 %). — Avec La Presse canadienne