Plus d'un tiers des «innovateurs» du secteur technologique américain sont nés à l'étranger, selon une étude publiée mercredi par un centre de réflexion de Washington, qui démonte une partie des idées préconçues sur la question.

Publié le 24 févr. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

D'après cette étude de la Information Technology and Innovation Foundation (ITIF), les immigrants représentent 35,5% des «innovateurs» américains, définis comme les personnes qui font «des innovations importantes et commercialisables» dans des industries liées aux technologies.

S'y ajoutent 10% d'innovateurs qui sont nés aux États-Unis mais ont au moins un parent né à l'étranger.

«Les gens peuvent penser que l'innovation technologique est soutenue par des gens qui abandonnent l'université de manière précoce pour des startups, comme Bill Gates ou Mark Zuckerberg», les fondateurs respectifs de Microsoft et Facebook, commente Adams Nager, un des auteurs de l'étude.

«En réalité, les innovateurs d'Amérique sont plus probablement des immigrants avec des diplômes élevés, qui ont travaillé dur pendant des années dans de grandes entreprises», ajoute-t-il.

Un stéréotype qui s'avère réel en revanche est la sous-représentation des femmes et des Américains issus de minorités.

Les personnes noires, d'origine asiatique, hispanique, indienne... représentent seulement 8% des innovateurs nés aux États-Unis, alors que ces groupes constituent 32% de la population. Les Noirs, qui constituent 13% de la population des États-Unis, ne représentent que 0,5% des innovateurs.

L'étude souligne selon ses auteurs le besoin de politiques d'immigration plus flexibles, et un renforcement de l'éducation dans le domaine des sciences, des technologies, de l'ingénierie et des mathématiques (des disciplines réunies sous l'acronyme STEM en anglais).

«Nous avons besoin de politiques pour renforcer et étendre l'immigration qui permet à des travailleurs hautement qualifiés dans les STEM d'innover aux États-Unis, y compris des diplômés étrangers, d'universités américaines qui souvent ont du mal à rester légalement» dans le pays après leur cursus, indique l'étude.

Le président de l'ITIF, Robert Atkinson, juge également «très clair que nous devons faire un bien meilleur travail pour aider les femmes et les minorités à obtenir des diplômes dans les STEM».

L'étude est basée sur l'identification des innovations importantes, notamment par l'intermédiaire des brevets déposés pour des inventions, et la recherche de leurs auteurs. Les chercheurs de l'ITIF ont contacté 6418 de ces personnes, et obtenu des réponses de 923 d'entre elles.