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Fusion Comcast/TWC: ondes de choc à prévoir

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Le futur poids lourd du câble aura des moyens financiers bien supérieurs à ceux des services de streaming, lui permettant de faire monter les enchères face à eux dans la course aux droits de rediffusion.

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Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
NEW YORK

La création d'un nouveau poids lourd du câble aux États-Unis pourrait créer des turbulences sur le marché de la télévision, pour les groupes de médias traditionnels comme pour les nouveaux acteurs de la vidéo en ligne.

La fusion annoncée des deux premiers câblo-opérateurs américains, Comcast et Time Warner Cable (TWC), doit donner naissance à un mastodonte contrôlant, avec 30 millions de clients, environ 30 % du marché de la télévision payante aux États-Unis.

Le principal effet «interviendra en coulisses», indique à l'AFP James McQuivey, un analyste du cabinet de recherche Forrester: il touchera aux droits de retransmission que tout diffuseur de télévision négocie avec les groupes de médias propriétaires de chaînes ou de studios de cinéma.

Ces derniers jusqu'ici «ont énormément de pouvoir pour augmenter leurs prix», mais «quand on a un tiers du marché comme (l'ensemble) Comcast/TWC, on est en position de dire à ces groupes qu'on veut de meilleurs prix», souligne l'analyste. Il pense même que Comcast, qui connaît bien le monde des médias grâce à sa filiale NBC Universal, sera «très agressif».

«Dompter» les réseaux télévisés

L'été dernier, TWC avait stoppé pendant un mois la diffusion des chaînes de CBS pour environ trois millions de ses clients, estimant les exigences tarifaires du groupe de médias trop élevées. L'affaire, très médiatisée, lui avait finalement coûté plus cher qu'à CBS.

Les choses seront différentes avec un Comcast élargi, capable de «dompter les propriétaires de contenus» qui «ne pourront pas se permettre de perdre un aussi grand nombre de téléspectateurs», prévient le cabinet de recherche Trefis dans une note.

Certains analystes font valoir que la dépendance est à double sens, un diffuseur ne pouvant pas non plus se permettre d'exclure certaines chaînes très regardées.

Selon James McQuivey, Comcast dispose toutefois d'un autre levier: accepter les exigences des groupes de médias pour son service de diffusion câblée en échange de termes plus favorables pour de nouvelles plateformes, sur internet, tablettes ou téléphones.

La consommation de vidéo à la demande sur ces supports s'est popularisée ces dernières années, illustrée par le succès croissant de services de streaming comme Netflix, dont le nombre d'abonnés aux États-Unis avoisine celui d'une chaîne câblée comme HBO, ou Amazon Prime.

Ces services intensifient encore la concurrence pour des câblo-opérateurs déjà confrontés aux diffuseurs satellitaires et aux opérateurs télécoms comme Verizon ou AT&T qui utilisent les grasses recettes de leurs réseaux mobiles pour investir dans la fibre optique.

En se mariant, Comcast et TWC «réagissent à cette nouvelle concurrence» et «tentent de survivre», souligne James McQuivey. Avec les services de vidéo en ligne comme possibles victimes collatérales.

Nouveau rival pour Netflix?

Le futur poids lourd du câble aura des moyens financiers bien supérieurs à ceux des services de streaming, lui permettant de faire monter les enchères face à eux dans la course aux droits de rediffusion.

Surtout, Comcast propose déjà à ses abonnés un service de vidéo en ligne à la demande pour ordinateurs, tablettes et téléphones intelligents, Streampix, qu'il devrait étendre aux ménages ou zones géographiques pas couverts par son réseau câblé.

«Cela ouvre la voie à un nouveau type de relation avec les consommateurs, qui rivaliserait avec Netflix ou Amazon à la demande. Le nouveau Comcast, plus gros, prendra cette mesure dans l'année» suivant sa naissance, prédit James McQuivey.

Richard Greenfield, de BTIG Research, s'attend aussi à des développements dans cette direction, tout en prévenant dans une note que les régulateurs pourraient les freiner sous la forme de conditions posées à la fusion.

Même sous conditions, un feu vert au mariage des poids lourds du câble pourrait toutefois signaler un assouplissement de la part des autorités américaines de la concurrence. Et améliorer les chances d'autres fusions jugées jusqu'ici risquées: BTIG évoque notamment les alliances souvent évoquées entre les diffuseurs satellitaires Dish et DirecTV, ou entre les opérateurs télécoms Sprint et T-Mobile.




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