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Analyse: rebond détonnant de l'emploi

Le rythme actuel de l'expansion canadienne requiert de... (Photo Archives La Presse)

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Le rythme actuel de l'expansion canadienne requiert de 15 000 à 20 000 emplois de plus par mois, nombre qui pourrait grossir si la croissance s'accélère comme prévu en seconde moitié d'année.

Photo Archives La Presse

Rudy Le Cours
La Presse

Quatre-vingt-quinze mille emplois de plus en un seul mois, au Canada, en mai. La meilleure performance en plus de 10 ans! L'équivalent de plus de 1 million chez nos voisins du Sud, où la création de 175 000 postes en mai a été perçue comme un signal encourageant.

Si on se fie aux apparences, il y aurait de quoi plastronner!

Toutefois, les données de l'Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada sont très volatiles. Qu'on en juge: les chiffres astronomiques de mai suivent le gain modeste de 12 500 d'avril précédé de la lourde perte de 54 500 de mars qui annulait la poussée de 50 700 de février, survenue à la suite d'un recul de 21 900 en janvier.

Avec pareilles données en dents de scie, mieux vaut s'en tenir à la moyenne mobile de trois mois, qui se situe à 18 000 emplois par mois, ou à celle de 6 mois, qui frôle les 19 000. Ces deux derniers chiffres cadrent mieux avec une économie dont l'expansion n'arrive pas à embrayer en deuxième ou troisième vitesse.

Le rythme actuel de l'expansion canadienne requiert de 15 000 à 20 000 emplois de plus par mois, nombre qui pourrait grossir si la croissance s'accélère comme prévu en seconde moitié d'année.

Bien que modeste, la croissance parvient à contenir le taux des demandeurs d'emploi dans une fourchette étroite de 7,0 à 7,2% depuis 6 mois. En mai, le taux a reculé d'un cran seulement, à 7,1%, puisque le nombre très élevé de nouveaux emplois était accompagné d'une augmentation appréciable de plus de 80 000 personnes de la population active, c'est-à-dire la cohorte des 15 ans et plus qui détient ou recherche activement un emploi. Le taux d'activité a d'ailleurs grimpé de 2 dixièmes, à 66,7%, tout comme le taux d'emploi, à 62,0%. Ces deux derniers chiffres, s'ils se maintiennent au cours des prochains mois, sont sans l'ombre d'un doute des plus encourageants.

D'autres données spectaculaires méritent aussi d'être contextualisées. Ainsi, l'EPA indique que les nouveaux emplois étaient tous dans le secteur privé. Est-ce à dire que les entreprises sont toutes à la recherche de main-d'oeuvre et de talents? En fait, les données de l'EPA de mars et d'avril avaient fait craindre le pire: les entreprises avaient supprimé 105 000 emplois. En prenant la moyenne de trois mois, on peut conclure qu'elles restent hésitantes à embaucher dans un contexte économique mondial empreint d'incertitude et de morosité.

D'autres détails dans les chiffres étonnent: plus de la moitié des nouveaux emplois (52 000, un record) sont en Ontario; 42 700 emplois auraient été ajoutés dans l'industrie de la construction, dont l'effectif atteint un sommet historique; 46 000 des nouveaux emplois auraient été décrochés par des jeunes de 15 à 24 ans dont le taux de chômage passe de 14,5 à 13,6%, de quoi attirer bien des jeunes Européens!

Les chiffres du Québec sont en revanche beaucoup moins spectaculaires et sans doute un peu faibles, compte tenu de la bonne croissance observée cet hiver. On compte 20 100 emplois de plus, dont seulement 1200 à temps plein. En mai, on comptait encore 1200 emplois de moins qu'en décembre. À temps plein, on observe même une saignée de 22 000 postes. Bref, il est bien possible que les données de juin ou de juillet de l'EPA viennent corriger ce qui s'apparente à une anomalie, à moins que d'autres indicateurs économiques ne confirment que la croissance du Québec, déjà bien anémique, a faibli encore au cours du printemps.

En mai, le taux de chômage a quand même reculé d'un cran à 7,7%, ce qui reste 4 dixièmes plus élevé que le taux ontarien.

Aux États-Unis, le taux de chômage a monté d'un cran à 7,6% en raison d'une augmentation bienvenue des demandeurs d'emploi, signe d'un regain de confiance. Le taux d'emploi reste encore faible à 58,6%, soit bien moins que le taux québécois de 60,5%.

En réalité, l'écart est plus grand, puisque les États-Unis fixent à 16 ans, au lieu de 15, le seuil d'entrée dans la population active.




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