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Analyse: l'expansion canadienne s'accélère enfin

La bonne performance de l'hiver a avant tout... (Photo Bloomberg News)

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La bonne performance de l'hiver a avant tout reposé sur un bond de 1,4% des exportations nettes, qui aura assuré à lui seul les trois cinquièmes de l'expansion canadienne.

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Rudy Le Cours
La Presse

On a eu beau décrier la mollesse de l'expansion canadienne tout au long de 2012, elle demeure encore, et de loin, la plus avancée des économies du G7 au cours du présent cycle et toujours une des plus performantes.

Au premier trimestre de 2013, le rythme annualisé de la croissance réelle de l'économie a atteint 2,5%, selon la mesure des comptes économiques nationaux, indiquait hier Statistique Canada.

Seul le Japon aura mieux fait, mais après trois trimestres de décroissance d'affilée.

Le Canada a connu meilleure fortune. Même le ralentissement du second semestre de 2012 a été revu légèrement à la hausse par l'agence fédérale qui a toutefois révisé à la baisse l'expansion de la première moitié de l'année. Au net, la croissance réelle de 2012 baisse d'un cran à 1,7%, tout juste devancée par celle des États-Unis.

La plupart des prévisionnistes s'attendent cette année à ce que l'économie américaine dame encore le pion à la canadienne au chapitre de la croissance. Ce n'est pas ce qu'indique le premier trimestre, où l'expansion américaine a été contenue à 2,4%. C'est un chiffre enviable, certes, d'un point de vue européen, mais décevant compte tenu des attentes et de la décélération prévue ce printemps à cause des coupes budgétaires automatiques décrétées par le Congrès.

On voit aussi un ralentissement de l'expansion canadienne au deuxième trimestre, mais quelques prévisionnistes rajustaient déjà leurs flûtes hier pour le limiter aux alentours de 2%, ce qui ne serait pas si mal.

La bonne performance de l'hiver a avant tout reposé sur un bond de 1,4% des exportations nettes qui aura assuré à lui seul les trois cinquièmes de l'expansion. Les autres apports significatifs étant assurés par une augmentation des stocks et la demande intérieure finale, qui a augmenté de 0,6% seulement, le rythme le plus faible depuis la récession.

Reste que les données publiées hier font aussi état d'une croissance de 0,2% du produit intérieur brut (PIB) réel mesuré par industrie, en mars, ce qui assure l'expansion du deuxième trimestre d'un bel élan initial.

La poussée des exportations est principalement attribuable aux livraisons de produits énergétiques. Le froid a sûrement aidé, mais c'est avant tout l'organisation d'un transport par trains qui aura permis de contourner l'engorgement des oléoducs américains et de trouver des débouchés à la production canadienne d'hydrocarbures. Ses prix se sont d'ailleurs rapprochés de celui du West Texas Intermediate, le pétrole de référence, durant le trimestre, après des escomptes records durant l'automne.

Cette appréciation a aussi gonflé la valeur de la production canadienne. Le PIB nominal, c'est-à-dire mesuré en dollars courants, a d'ailleurs augmenté de 3,8% en rythme annuel. Cette progression, la plus élevée en cinq trimestres, a porté la valeur de la production canadienne de biens et services à 1853,6 milliards, ce qui la classe au 11e rang des économies du monde.

Le PIB nominal est la meilleure mesure de l'assiette fiscale. Le ministère des Finances a révélé hier que le déficit du mois de mars s'était élevé à 6,5 milliards, soit une amélioration de 2,5 milliards par rapport à celui de mars 2012.

Tout n'est pas rose pour autant. Les investissements des entreprises en machines et équipement ont diminué. Cela reflète sans doute la baisse des prix des biens de base qui retarde le développement ou l'expansion de complexes miniers, au grand dam de leurs fournisseurs. Il en va de même pour la construction d'infrastructures pipelinières, en attente de feux verts environnementaux ou politiques comme celles de Keystone vers les États-Unis ou de Northern Gate vers la Colombie-Britannique.

L'augmentation de la consommation des ménages a aussi ralenti, parallèlement à la faible hausse de leur pouvoir d'achat mesuré par le revenu intérieur brut. En outre, l'absence de nouveaux emplois depuis le début de l'année incite davantage à privilégier l'épargne à la dépense. Le taux d'épargne est ainsi passé à 5,5%, soit bien davantage que celui de 2,5% des ménages américains, enregistré en avril.

Les dépenses allouées au logement ont diminué pour un troisième trimestre d'affilée, ce qui était attendu, compte tenu de la correction en cours, mais qui arrive à terme.




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