Les États-Unis sont plus près que jamais d'une déflation «à la japonaise», estime un des dirigeants de la Réserve fédérale américaine, James Bullard, dans un article paru jeudi et plaidant, au cas où, pour de nouveaux rachats de titres du Trésor par la banque centrale.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Les États-Unis sont plus près aujourd'hui d'une issue à la japonaise qu'ils ne l'ont jamais été dans leur histoire récente», écrit M. Bullard dans un article de recherche devant être publié dans le numéro de septembre-octobre de la «Revue» de la Fed de Saint-Louis.

M. Bullard, qui est le président de cette antenne de la banque centrale dans le Centre du pays, fait là référence à la déflation qu'a connue le Japon à la suite de l'éclatement d'une bulle immobilière dans les années 1990, période désormais connue comme la «décennie perdue» de l'économie japonaise.

La situation «fâcheuse» dans laquelle se trouvent les États-Unis est due «en partie» à «la politique de taux d'intérêt» de la Fed, estime M. Bullard, pour qui l'engagement de son Comité de politique monétaire (Fed) à maintenir un taux quasi nul aussi longtemps que nécessaire n'est pas sans risque.

Face à un éventuel nouveau choc négatif, «une prolongation du programme d'assouplissement quantitatif par le biais de rachats d'obligations du Trésor offrirait une meilleure réponse de politique monétaire» que le maintien de l'engagement de la Fed à maintenir son taux au plancher, estime-t-il.

M. Bullard faisait là référence aux gigantesques programmes de rachats de titres sur les marchés financiers lancés par la Fed au plus fort de la crise, qui ont été clos à l'automne.