Depuis le début de l'année, le marché des fusions et acquisitions a ralenti de 30% au Canada.

Stéphanie Grammond LA PRESSE

Les transactions ont atteint seulement 29,6 milliards US, par rapport à 42,5 milliards US un an plus tôt. Il s'agit du premier semestre le plus calme depuis 2005, selon les données compilées par la firme Mergermarket.

Le repli s'explique par la baisse des «mégatransactions». Depuis le début de 2010, Sinopec a bien annoncé l'achat de 9% de Syncrude Canada pour une somme de 4,65 milliards US; Shaw Communications a présenté une offre de 1,966 milliard US à CanWest Global Communications; et Quad/Graphics a offert 1,267 milliard US pour World ColorPress, pour ne citer que quelques annonces majeures.

Plus de petites transactions

Reste que les mégatransactions, soit celles de plus d'un demi-milliard, ont totalisé seulement 18,1 milliards US au premier semestre, bien moins que la somme de 91,8 milliards US atteinte au deuxième semestre de 2007, juste avant la crise du crédit.

Par contre, le marché a été plus actif du côté des transactions de plus petite taille. Au total, le nombre de fusions et acquisitions est donc à la hausse. Mergermarket a dénombré 210 transactions durant la première moitié de 2010, par rapport à 153 un an plus tôt.

Pratiquement la moitié (49%) de la valeur des transactions découle du secteur de l'énergie, qui fait saliver les acquéreurs étrangers. D'ailleurs, plus des trois quarts (78%) de la valeur des transactions réalisées en sol canadien sont le fait d'acquéreurs américains ou chinois.

Toutefois, les entreprises canadiennes ont aussi profité de la vigueur du huard pour faire des acquisitions aux États-Unis et en Angleterre. Par exemple, la société pharmaceutique Biovail Corp. a annoncé en juin son mariage avec la californienne Valeant Pharmaceuticals International pour 3,689 milliards US.

Au total, les sociétés canadiennes ont réalisé 89 transactions à l'étranger, d'un total de 13,7 milliards US, un record depuis 2007.