Les actionnaires du Groupe CGI (T.GIB.A) sont restés sur leur faim, mercredi, lorsque la direction de l'entreprise de services en technologies de l'information leur a fait savoir qu'en dépit de solides résultats financiers, ils ne recevraient pas de dividende.

LuAnn LaSalle LA PRESSE CANADIENNE

Lors de l'assemblée annuelle de CGI, à Montréal, le chef de la direction Michael Roach a dit comprendre pourquoi les actionnaires souhaitaient obtenir un dividende. Il a cependant expliqué que la croissance de la firme à l'échelle mondiale devait être une priorité.

M. Roach a affirmé que CGI devait présenter des résultats financiers équilibrés en vue de possibles acquisitions, mais aussi pour se protéger en cas de coup dur. La société étudiera la possibilité de verser un dividende l'an prochain, a-t-il ajouté.

Le dirigeant a expliqué que les dividendes ne constituaient pas la façon la plus efficace d'utiliser les fonds de l'entreprise, estimant qu'il valait mieux obtenir des «rendements supérieurs avec le temps», ce qui a déçu un actionnaire ayant demandé à plusieurs reprises pourquoi CGI refusait de verser un dividende.

«Il est très difficile de faire quelque chose quand vous ne croyez pas qu'il s'agit de la chose à faire», a-t-il déclaré, ajoutant qu'il jugeait «très solides» les résultats financiers obtenus par le groupe au premier trimestre.

Le bénéfice net de CGI a augmenté de 39% au cours des trois premiers mois de l'exercice 2010, par rapport à la période équivalente un an auparavant.

Des redressements fiscaux favorables de 30,5 millions $ ont permis aux profits du groupe de s'établir à 111,2 millions $, soit 37 cents par action, lors de la période de trois mois terminée le 31 décembre. Un an plus tôt, alors que les redressements fiscaux avaient été de 8,6 millions $, le bénéfice net de l'entreprise avait atteint 80,1 millions $, ou 26 cents par action.

Les huit analystes consultés par la firme Thomson Reuters s'attendaient en moyenne à un bénéfice net par action de 27 cents.

Sur une base comparable, à l'exclusion des redressements fiscaux, le bénéfice net s'est établi à 80,7 millions $, comparativement à 71,4 millions $ au même trimestre un an plus tôt. Le bénéfice par action se serait établi à 27 cents et l'amélioration aurait été de 17,4% par rapport à 23 cents au premier trimestre de 2009.

La variation des taux de change a cependant eu une incidence négative de 50,3 millions $ ou de cinq% sur les revenus, qui ont atteint 913 millions $. CGI avait enregistré des revenus d'un milliard $ au trimestre correspondant de l'année précédente.

Par ailleurs, l'entreprise montréalaise est déterminée à accroître ses activités sur ses deux marchés les plus importants, les États-Unis et l'Europe de l'Ouest, a indiqué M. Roach.

«Pour CGI, la croissance mondiale n'est pas une option, c'est une nécessité», a-t-il déclaré aux actionnaires.

«Si vous voulez vous assurer de passer au travers de périodes économiques incertaines, vous voulez aller là où sont les occasions, et elles sont dans les services financiers et les gouvernements», a-t-il ajouté à la suite de l'assemblée.

M. Roach a indiqué que le fournisseur de services en technologies de l'information devait pouvoir compter sur des ressources suffisantes en cas de possibilité d'acquisition ou de détérioration de l'état de santé de l'économie.

Le cours des actions du Groupe CGI ont terminé la journée de mercredi à 14,84 $, en hausse de 15 cents, soit à peine plus d'un% par rapport à son taux de clôture de la veille.