Invoquant le besoin de «différents styles de leadership», le quotidien The Globe & Mail change de rédacteur en chef: le Montréalais d'origine Ed Greenspon est remplacé par John Stackhouse, qui dirigeait la section Report on Business depuis 2004.

Stéphane Paquet
Stéphane Paquet LA PRESSE

À l'interne, cette nomination n'a pas créé trop de surprise, M. Stackhouse étant identifié comme le prochain rédacteur en chef par plusieurs. Toutefois, le moment choisi pour procéder à l'annonce a laissé des journalistes perplexes, selon le commentaire de l'un d'eux.

Dans une note envoyée aux employés, l'éditeur du Globe, Phillip Crawley, insiste sur les bons coups de son nouveau numéro deux, notamment la refonte du site internet Globe Investor. Cela, au moment où le quotidien veut se positionner comme «le meilleur créateur au Canada de contenu de grande qualité qui peut être consommé sur n'importe laquelle des plates-formes souhaitées par les lecteurs, les utilisateurs et les annonceurs».

Aux prises avec la récession et des annonceurs qui cherchent des moyens moins coûteux de rejoindre leurs clients, le Globe a procédé à une trentaine de licenciements ces derniers mois. Une soixantaine d'autres employés ont aussi pris leur retraite. Dans un geste qui a surpris le syndicat, le Globe a demandé l'intervention d'un conciliateur dans ses négociations en vue de la prochaine convention collective.

Le syndicat, affilié au Syndicat canadien de l'Énergie et du papier, s'est refusé à tout commentaire hier sur le changement de garde à la direction du journal. Ed Greenspon était en poste depuis près de sept ans.

Le nouveau rédacteur en chef a remporté pas moins de cinq prix de l'Association canadienne du journalisme. À l'interne, le journaliste de 46 ans est identifié à l'aile «sérieuse» du journal, par opposition à celle souhaitant une approche moins austère dans la façon d'aborder les nouvelles.

L'annonce d'hier laisse présager d'autres changements au Globe, selon ce qu'a déclaré hier M. Crawley. Il souhaite «restructurer ses affaires pour relever les défis posés par l'environnement économique actuel et les changements rapides dans les habitudes de consommation des médias».

Déjà, l'éditeur veut recruter un vice-président aux technologies de l'information. «Parce que la plupart de nos dépenses en capital vont à ce secteur, j'ai besoin de la meilleure expertise et des meilleurs avis possibles», écrit-il dans sa note aux employés.

L'éditeur du Globe n'a pas rappelé La Presse hier.