Même si les Québécois ne semblent pas du tout insensibles aux crédits d'impôt à la rénovation, il est difficile de dire exactement comment le duo récession-crédit d'impôt se traduit dans leur comportement de consommateur.

Hugo Fontaine
Hugo Fontaine LA PRESSE

«Le crédit incite les gens à dépenser plus, soutient Réjean Guay, directeur des ventes chez Caron et Guay Portes et fenêtres. «Les contrats ont grossi, dit-il, passant d'une moyenne d'environ 5000$ à 7000 à 8000$.»

Chez Verdun Portes et fenêtres, la facture moyenne a aussi augmenté, mais le directeur Martin St-Amour l'explique autrement. «Les gens plus touchés par la crise, par exemple les employés d'usine, sont ceux qui remplaçaient une ou deux fenêtres à la fois. Ces gens-là sont probablement sortis du marché. On a moins d'appels pour des soumissions à domicile, mais les gens qui entreprennent les projets ont des budgets plus importants. Le client moyen qui est resté dans le marché a un peu plus d'argent à investir.»

Florence Duhamel, directrice générale de Maisons D&D, constate plutôt des projets de moins grande envergure ce printemps. «Ce sont davantage des urgences, des rénovations qu'il faudrait faire de toute façon.»

Mais Mme Duhamel ne déprécie pas pour autant les crédits d'impôt.

«Je reste encouragée par la mesure, mais je pense qu'on va davantage voir les effets à l'automne. Les gens vont réaliser que le mois de janvier (le 1er février est la date limite du programme fédéral) s'en vient vite et que dans quelques mois, ils n'auront plus droit au crédit d'impôt. L'économie va redémarrer, ils vont avoir un peu de sous, une sécurité d'emploi. Ils vont réaliser qu'ils ont un projet qui a une échéance. Je pense que ça va réveiller les gens.»

Comme quoi on n'aura le coeur net sur la réelle popularité de ces crédits d'impôt que sur les déclarations d'impôts des Québécois, au printemps prochain.