L'hebdomadaire américain Newsweek est apparu lundi dans une nouvelle version destinée à l'aider à surmonter la crise des ventes de la presse papier aux Etats-Unis et la défection des lecteurs pour des sites internet régulièrement remis à jour.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le premier numéro du nouveau Newsweek offre une interview exclusive avec le président américain Barack Obama et est entièrement imprimé sur papier glacé. Mais les innovations pour rajeunir ce magazine vieux de 76 ans et qui appartient au groupe du Washington Post depuis 1961 concernent surtout le fond.

Selon son rédacteur en chef Jon Meachem, le nouveau Newsweek, «réinventé et repensé», se concentrera plus sur «le reportage, des débats provocateurs (mais pas partisans) et des voix uniques», et moins sur «l'actualité de base».

Selon des analystes du secteur des médias, Newsweek cherche à se rapprocher de la formule du Britannique The Economist et à se différencier de son grand concurrent américain Time.

Cette évolution a été poussée par la révolution internet, explique dans un article Kathleen Deveny, une des responsables de la gestion du magazine. «Même si le bourdonnement quotidien de l'information augmente autour de nous, nos annonceurs sont partis, ou ont succombé eux-mêmes à des temps difficiles», écrit-elle. «Les recettes et le nombre de pages de publicité ont décliné. Nous avons réduit nos effectifs de 160 personnes pour passer à environ 400» et l'an dernier, le magazine est tombé dans le rouge».

La nouvelle formule s'adressera à «des lecteurs avertis et éduqués à la recherche d'une publication capable de les aider à mettre le flux de l'information en perspective».

«Nous allons nous concentrer sur un public réduit, plus fervent», ajoute-t-elle, précisant que la diffusion moyenne passerait de 2,6 millions à 1,5 million d'exemplaires d'ici janvier et que les tarifs d'abonnement allaient augmenter.