L'inflation canadienne a augmenté davantage que prévu en février, renversant la tendance baissière observée lors des cinq mois précédents et calmant les craintes d'une déflation.

LA PRESSE CANADIENNE

Statistique Canada a fait état jeudi d'une hausse appréciable de 0,7 pour cent des prix à la consommation entre janvier et février, et rapporté une hausse de l'inflation à 1,4 pour cent au cours de la période de 12 mois terminée le mois dernier - une donnée plutôt faible mais considérable compte tenu que l'inflation d'ensemble avait retraité chaque mois depuis septembre. La Banque du Canada avait prévu une dégringolade des prix durant les deuxième et troisième trimestres de cette année, ce qui avait fait apparaître le spectre d'une déflation - qui vient avec les craintes de difficiles spirales dans lesquelles les baisses de prix réduisent la demande et mènent à des réductions de production et à de nouvelles chutes de prix.

Toutefois, la hausse de 0,3 point de pourcentage du taux annuel d'inflation par rapport à celui de 1,1 pour cent rapporté pour janvier amoindrit le risque de déflation, a indiqué Douglas Porter, économiste en chef adjoint chez BMO Marchés des capitaux.

«Je crois qu'il reste encore un peu de pression sous-jacente sur l'inflation, en provenance, notamment, du rebond soutenu des prix de l'essence que nous observons depuis le début de l'année, et aussi, en partie, de la plus faible valeur du dollar canadien», a indiqué M. Porter.

M. Porter croit que la Banque du Canada pourrait encore avoir recours à des moyens non traditionnels pour stimuler l'économie - maintenant que les taux d'intérêt sont trop bas pour être réduits davantage. Il estime cependant que si la banque centrale agit, elle le fera presque certainement de façon moins dramatique que la Réserve fédérale des États-Unis.

L'économiste du travail Erin Weir, du Syndicat canadien des métallurgistes unis d'Amérique, s'est également félicité de la légère hausse de l'inflation, y voyant le signe d'un risque moins élevé de déflation.

M. Weir a cependant prévenu que l'économie canadienne avait encore besoin d'être stimulée, et il a encouragé le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, à poursuivre sa politique de détente monétaire.

Statistique Canada a attribué l'augmentation de l'inflation à deux sources, soit la hausse des prix des aliments et celle des coûts du logement. Les prix des aliments se sont accrus de 7,4 pour cent en un an. Quant aux coûts du logement, ils ont grimpé de trois pour cent.

Ces hausses ont contrebalancé la diminution des coûts du transport. Les prix de l'essence en février étaient de 19,7 pour cent inférieurs à ceux affichés un an plus tôt.

Les consommateurs des trois provinces des Prairies ont connu l'inflation annuelle la plus élevée au pays en février. Ceux de la Saskatchewan ont payé 2,6 pour cent de plus en moyenne le mois dernier, ceux de l'Alberta, 2,1 pour cent, et ceux du Manitoba, 1,7 pour cent.

À l'inverse, c'est au Nouveau-Brunswick que l'inflation a été la plus faible, à 0,3 pour cent. Au Québec, l'inflation était estimée à 0,8 pour cent, tandis qu'elle a grimpé à 1,5 pour cent en Ontario.