La Banque de Montréal (T.BMO) largue une petite bombe dans le monde du prêt hypothécaire en n'acceptant plus les clients en provenance des courtiers comme Multi-Prêts, a appris LaPresseAffaires.com.

Michel Munger

La Banque de Montréal [[|ticker sym='T.BMO'|]] largue une petite bombe dans le monde du prêt hypothécaire en n'acceptant plus les clients en provenance des courtiers comme Multi-Prêts, a appris LaPresseAffaires.com.

Le bureau desservant les courtiers a cessé ces activités depuis quelques jours. Les acheteurs de maisons cherchant les meilleurs taux d'intérêts doivent maintenant consulter un démarcheur hypothécaire à l'emploi de BMO afin de savoir si la banque torontoise leur propose une hypothèque avantageuse.

Ronald Monet, porte-parole de BMO, a confirmé la nouvelle.

«Oui, en effet, reconnaît M. Monet. Ça a été une décision d'affaires de notre part. Nous voulons recentrer nos ressources pou interagir directement avec la clientèle.»

L'institution financière ne cache pas qu'elle veut mieux connaître ses clients afin de proposer plus que le simple financement de la propriété.

«Présentement, nous sommes seulement un fournisseur de service, sans relation quotidienne avec le client, affirme le porte-parole. C'est important d'approfondir la relation pour l'ensemble des besoins d'affaires. Nous pouvons peut-être lui proposer autre chose qu'une hypothèque traditionnelle: des marges de crédit et autres services.»

Le courtier Multi-Prêts, l'un des noms les plus connus de l'industrie, croit que la Banque de Montréal fait fausse route. Les courtiers représentent de 25% à 30% du marché des hypothèques au Québec et à lui seul, Multi-Prêts prévoit diriger 3 G$ vers les prêteurs cette année.

«Nous avons apporté à BMO 426 M$ d'hypothèques en 2006, souligne Lorraine Trudeau, directrice du centre de prêts chez ce courtier. Je ne pense pas qu'ils pourront récupérer tout cela avec les démarcheurs. Dorénavant, nous placerons cet argent ailleurs. Dix-neuf autres prêteurs continuent de faire affaire avec nous.»

S'il fallait que les autres grands acteurs de l'industrie bancaire canadienne suivent l'exemple de BMO, les clients seraient forcés de négocier directement avec chaque institution avant d'emprunter.

Mais pour l'instant, la Banque de Montréal fait cavalier seul.

«Nous n'avons pas l'intention de changer de direction dans un horizon prochain, lance Louis Garneau, porte-parole à la Banque Nationale. Nous continuerons de faire des affaires avec les courtiers jusqu'à nouvel ordre.»

«Je ne crois pas que les autres banques emboîteront le pas, ajoute pour sa part Mme Trudeau, de Multi-Prêts. Les autres banques seront contentes, elles feront de meilleures affaires !»

La Banque de Montréal estime plutôt qu'elle encaissera un choc temporaire en cessant de prêter à ceux qui passent par un courtier.

«À court terme, dit Ronald Monet, les relations avec certains clients seront affectées. Mais nous avons confiance qu'en affectant des ressources vers les démarcheurs pour une présence plus accrue dans les succursales, nous pourrons compenser l'effet initial.»

L'institution financière montrera-t-elle la porte aux employés qui desservaient les courtiers ?

«Nous ne pouvons le dire pour l'instant, dit le porte-parole, mais nous voulons réaffecter les ressources vers le démarchage ou vers les succursales parce que les gens connaissent bien le milieu.»

Toutefois, des sources à la banque n'en croient rien, rappelant que BMO a annoncé 1000 abolitions de postes dans l'ensemble de ses activités, ayant aussi prévu des charges de restructuration. Aussi, les qualifications requises pour servir des courtiers et faire du démarchage auprès des clients ne seraient pas les mêmes.

Selon nos informations, environ 30 employés oeuvraient dans le courtage hypothécaire au sein de l'institution et moins d'une centaine à Toronto.