Le promoteur SmartCentres, de Toronto, vient de conclure un accord avec la Ville de Montréal pour construire un centre commercial de 200 M$ dans la carrière Saint-Michel.

Laurier Cloutier

Le promoteur SmartCentres, de Toronto, vient de conclure un accord avec la Ville de Montréal pour construire un centre commercial de 200 M$ dans la carrière Saint-Michel.

SmartCentres doit mettre en chantier le projet, au début de 2009, et créer 1200 emplois, durant la construction, et 1600 autres par l'exploitation des magasins, selon Alan DeSousa, responsable du développement économique au comité exécutif de la Ville de Montréal, et Anie Samson, mairesse de l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

La majorité des emplois doivent être occupés par des citoyens de l'arrondissement.

Le centre commercial permettra d'éliminer 1,5 milliard de dollars de «fuites commerciales», sur le total de 3 milliards dont souffre l'arrondissement parce que ses magasins ne répondent pas adéquatement aux besoins, ajoute Anie Samson en se basant sur une étude de Géocom Recherche. Même les détaillants actuels devraient profiter de l'affluence additionnelle des clients.

SmartCentres n'a cependant pas participé jeudi à la conférence de presse sur l'accord avec la ville, annonçant l'achat du terrain au prix de 10 millions, et n'a pas confirmé d'informations sur ses détaillants.

Or, le promoteur a souvent été associé au géant Wal-Mart dans le passé. Son porte-parole, Yanik Deschênes, n'a pu confirmer l'intérêt de la chaîne américaine cette fois-ci.

«C'est un projet complexe, unique en Amérique du Nord», a-t-il dit.

Par ailleurs, Alan DeSousa prévoit déjà 3200 places de stationnement, un nombre qui reste en outre inférieur aux normes habituelles, parce que SmartCentres va miser sur le transport en commun et les sentiers pédestres.

L'importance des emplois créés et de l'investissement laisse croire à un centre commercial pouvant accueillir jusqu'à 15 magasins.

Le promoteur ne dévoilera pas ses cartes avant de signer des baux avec les détaillants.

Avec la Ville, SmartCentres a par contre déjà convenu de payer 30 M$ des 35 M$ d'infrastructures et de fournir notamment 1,6 M$ pour des équipements sportifs et des parcs du quartier.

Le promoteur va de plus construire un ascenseur, adossé à la paroi rocheuse de la carrière, pour faciliter l'accès des piétons aux magasins. Le projet doit respecter des normes vertes de construction élevées.

Longtemps controversé, le centre commercial semble maintenant rallier la majorité des intervenants.

Anie Samson a avoué «une certaine fébrilité» en confirmant l'accord avec le promoteur, après deux ans de négociations.

«On met en valeur un terrain qui attend depuis 25 ans», a renchéri Pierre Durocher, coordonnateur du Chantier de revitalisation de Vivre Saint-Michel.

La conseillère Soraya Martinez a souligné «la concertation exemplaire» entre le promoteur et l'arrondissement. Il faut comprendre que plusieurs tiennent maintenant au projet qui doit générer des revenus fonciers de 2,6 M$ pour la Ville et revitaliser l'arrondissement.

Plusieurs étapes restent, par contre, à franchir avant l'ouverture du chantier, dans la partie ouest de la carrière désaffectée.

Lundi prochain, Alan DeSousa soumettra l'accord avec SmartCentres au comité exécutif de la Ville. Des consultations et des études vont suivre, avant l'émission des permis, sans doute l'automne prochain.

Des espaces verts occuperont 15% du terrain et la Ville continuera d'utiliser la partie est de la carrière comme dépôt à neige.