Genivar est une véritable machine à acquisitions. Elle a acheté 16 firmes d'ingénieurs au cours des 17 derniers mois!

Réjean Bourdeau

Genivar est une véritable machine à acquisitions. Elle a acheté 16 firmes d'ingénieurs au cours des 17 derniers mois!

Et ce n'est pas fini. Pierre Shoiry étudie encore de «nombreux» dossiers. «Ce sont les chemises jaunes que j'ai sur ma table, dit le président, en désignant son bureau. J'en ai justement ouvertes deux nouvelles ce matin.»

La croissance n'effraie pas l'équipe de Genivar. D'ici trois ans, la firme veut doubler ses ventes, à 600 millions de dollars, et son personnel, à plus de 5000 employés.

«Au pays, on poursuivra notre rythme d'acquisitions jusqu'à ce qu'on complète notre positionnement dans toutes les régions», explique M. Shoiry.

Pour l'instant, la firme réalise 67% de ses revenus au Québec, 20% en Ontario, 8% dans l'Ouest canadien et 5% dans les Caraïbes.

Déploiement canadien

Un de ses objectifs est de grandir en Ontario. «D'ici 2010, on est capable de quadrupler de volume et d'y avoir 2000 employés, comme au Québec», dit-il.

La firme veut aussi croître dans l'Ouest canadien.

Elle a la possibilité de le faire grâce à l'achat récent de EXH Engineering. Cette entreprise albertaine compte 14 bureaux régionaux.

«On regarde pour acheter des firmes d'une trentaine d'employés pour les greffer à notre nouvelle plateforme», explique le président.

Sans compter que Genivar a aussi les yeux rivés sur les provinces maritimes, la seule région où elle n'est pas encore présente.

Il faut dire que le marché canadien des firmes d'ingénierie est très fragmenté.

En 2006, on y recensait un peu plus de 500 sociétés. Quelques 80% d'entre elles avaient moins de 50 employés.

Dans ce contexte, Genivar a suffisamment de choix pour faire des emplettes. «On cible les firmes et on les approche directement, dit M. Shoiry. On recherche des entreprises rentables qui ont une bonne réputation, une bonne renommée et une bonne clientèle.»

Son principal argument d'achat: Genivar offre à ses nouveaux partenaires de garder leur esprit entrepreneurial tout en profitant des synergies d'un grand groupe.

Visées internationales

Du côté international, la firme d'ingénierie poursuivra sa croissance à Trinité-et-Tobago, dans les Caraïbes.

«On a des dirigeants sur place, dit le président. Leur plan d'affaires vise à faire grossir la plateforme.»

Dans cette région du globe, située à 7 km du Venezuela, Genivar se spécialise dans les bâtiments, les transports, les infrastructures municipales et l'environnement.

La société accompagne aussi ses clients canadiens à l'étranger. Par exemple, elle a participé à la mise en production d'une mine d'or de Semafo au Burkina Faso.

Elle remporte également des appels d'offres internationaux, comme celui concernant la gestion de projet pour un complexe hôtelier de 500 millions d'euros en Algérie.

Sans oublier que la firme québécoise travaille sur des projets ciblés aux États-Unis, dans les secteurs éolien, les pâtes et papiers, et la pharmaceutique.

À quoi faut-il s'attendre pour les prochaines années?

«On regarde pour établir des bases aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Europe occidentale et en Australie», avance le président.

Des groupes de 500 employés, dans ces quatre régions permettraient de faire grandir le modèle Genivar. «Comme les grands cabinets comptables, on aimerait avoir une plateforme internationale ayant, à la fois, une envergure mondiale et une présence régionale», précise Pierre Shoiry.

À RETENIR: PIERRE SHOIRY, DE GENIVAR

«On ne camoufle pas notre croissance avec des acquisitions. L'an passé on a eu 25% de croissance interne grâce, notamment, aux mines et à l'international. Ça veut dire qu'on a ajouté 400 employés purement avec la croissance interne. Quand on fait des acquisitions on met beaucoup d'accent pour créer ces synergies de développement.»

«On est une entreprise inscrite en Bourse, mais notre structure de partenariat permet à 300 associés de détenir 40% du fonds de revenu. Chaque fois qu'on fait une acquisition, les propriétaires réinvestissent une portion dans notre partenariat. On ajouté 150 partenaires en deux ans. C'est un modèle hybride d'une société privée dans un contexte de marché boursier. Ça nous permet de maintenir l'esprit entrepreneurial tout en ayant accès à des liquidités, à du capital et à des valorisations plus intéressantes.»

«Le modèle de fiducie nous convient très bien. Pour une firme de services professionnels, c'est idéal car on n'a pas besoin de beaucoup de capitaux. On n'a pas de grands investissements. On ne fait pas de construction ni de développement de projets. Nous, on est une firme d'honoraires. C'est un beau modèle pour un fonds de revenu parce que, dans la majorité des firmes professionnelles, les profits sont redistribués aux actionnaires à la fin de l'année. Mais les choses vont changer à la fin 2010. D'ici là, on va attendre pour voir quelles seront les règles de conversion.»

«On distribue environ 70% de notre encaisse. Il nous reste 30% pour les acquisitions. On utilise aussi nos capacités d'emprunts pour faire des achats. On peut également retourner sur le marché. L'an dernier on a fait un financement de 50 millions. Présentement on a une capacité d'emprunt d'une cinquantaine de millions. On a une dette d'environ de 25 millions.»

«Notre carnet de commandes est solide. Dans notre industrie quand le carnet est supérieur à 6 mois, pour les services, c'est bon. Actuellement, dans certaines régions on est au-dessus d'un an. Pour tout le groupe c'est plus de neuf mois. On ne ressent pas le ralentissement économique. On n'est pas exposé au résidentiel. La construction de condos et le développement domiciliaire représentent moins de 5% de nos activités; 42% de nos activités sont dans les infrastructures municipales et le transport. En plus, les secteurs de l'énergie et des secteurs miniers sont en effervescence.»

L'ENTREPRISE

Firme de génie-conseil spécialisée dans le bâtiment, l'industriel, l'énergie, les infrastructures urbaines, le transport et l'environnement. Ses principaux marchés sont le Canada et les Caraïbes. Elle emploie 2800 personnes. Le Fonds de revenu Genivar est inscrit à la Bourse de croissance TSX depuis 2006 sous le symbole GNV.UN.

DÉFI

Doubler les revenus d'ici 2010.

STRATÉGIES

Développer la croissance interne et faire des acquisitions au Canada et à l'international.