De Buenos Aires à Tel-Aviv, l'histoire se ressemble. Un récit écrit à l'encre rouge, dans lequel les investisseurs font fondre la valeur des actions locales.

Stéphane Paquet

De Buenos Aires à Tel-Aviv, l'histoire se ressemble. Un récit écrit à l'encre rouge, dans lequel les investisseurs font fondre la valeur des actions locales.

Depuis trois mois, les Bourses des marchés émergents enregistrent d'importants reculs. Les pertes frôlent ou dépassent les 30% en Argentine, au Brésil, à Prague, en Égypte, à Tel-Aviv, à Shanghai et Taiwan.

La Russie enregistre même un score négatif de 55% en trois petits mois. Hier, la Bourse de Moscou est restée fermée pour la troisième journée, tandis que le président, Dimitri Medvedev, réclamait l'injection de 500 milliards de roubles (21 G$ CAN) dans les marchés pour les stabiliser.

À titre comparatif, l'indice phare de Toronto, qui repose grandement sur les ressources naturelles, a perdu 20% sur la même période et le Dow Jones, 12%.

«Tout est vendu sans discrimination», explique le gestionnaire Christian Godin, de Placements Montrusco Bolton. Il explique cette dégringolade notamment par l'état du marché américain qui ralentira la croissance dans ces pays qui dépendent directement ou indirectement des États-Unis.

Et, ajoute M. Godin, il y a le crédit qui se fait rare. «Avec la fermeture du marché financier, des fonds doivent vendre leurs positions dans ces marchés-là.»

Il rappelle aussi que des Bourses émergentes avaient connu une croissance absolument exceptionnelle. Ainsi, la Chine, qui a la pire performance depuis le début de l'année avec un recul de 64% de son indice CSI300, demeure tout de même en territoire positif sur une période de deux ans. Bref, il y avait une bulle, et elle a éclaté.

La question est maintenant de savoir si la côte sera aussi longue à remonter que lors de la débarque des années 90. Pas nécessairement, répond le chef investisseur d'une firme londonienne qui préfère ne pas être identifié. «L'économie asiatique est très différente de ce qu'elle était en 1997. La Russie, par rapport à 1998, c'est aussi une histoire complètement différente.»

DU ROUGE DEPUIS LE DÉBUT DE L'ANNÉE

Pays / Indice / Variation depuis trois mois

Brésil / Bovespa / -30,49%

Russie / RTS / -55,93%

Chine SCI 300 / -31,03%

Inde / BSE Sensex 30 / -13,66%

Souce Bloomberg