Après plus de deux ans de tests, la chaîne Mikes prend un virage italien et lancera 13 Trattoria di Mikes en 2008.

Laurier Cloutier

Après plus de deux ans de tests, la chaîne Mikes prend un virage italien et lancera 13 Trattoria di Mikes en 2008.

Et le groupe de restaurants franchisés devrait investir près de 65 millions de dollars dans 75 Trattoria di Mikes en trois ans, selon le chef de l'exploitation de Mikes, Terry Faulconbridge.

Ce dernier vient de dévoiler son offensive au nouveau Trattoria di Mikes de Repentigny. C'est un investissement de 850 000$ dans un nouveau concept de restaurant de 4500 pieds carrés, qui devient la règle.

Des Trattoria di Mikes viennent déjà d'ouvrir à Sainte-Julie, Valleyfield, Sainte-Agathe et Québec. C'est la nouvelle génération des Mikes qui profite d'un retour aux racines italiennes.

La chaîne va construire de nouveaux restaurants mais aussi agrandir et rénover les actuels. Ainsi, sur les 13 prévus cette année, trois seront nouveaux.

Fondée en 1967, la chaîne «Mikes devait s'adapter», explique le vice-président au marketing, Yves Léveillé.

La clientèle peut compter sur un restaurant familial muni d'un bar et d'une terrasse, dans une ambiance décontractée. Le bar dispose d'écrans plats, mais il n'est pas question pour Mikes de tenter de concurrencer la Cage aux Sports (matchs) ou les Rôtisseries St-Hubert (spectacles musicaux), assure Terry Faulconbridge.

La carte comprend 26 vins d'Italie, vendus de 19$ à 40$, soit de 10$ à 12$ au-dessus de la facture de la SAQ plutôt qu'au moins le double, comme c'est la règle chez la concurrence, souligne Terry Faulconbridge.

Les Trattoria di Mikes peuvent ainsi doubler leurs ventes de vin par rapport aux Mikes, selon les tests. Georgio suggère aux clients d'apporter leur vin, mais ses plats coûtent plus cher que chez Mikes, selon lui.

Yves Léveillé a vérifié les prix des autres chaînes et «Mikes a un rapport qualité/prix très bon ou supérieur», assure-t-il.

Avec 100 restaurants et 3000 employés, les ventes de la chaîne dépassent 127 millions. Comme un Mikes atteint le seuil de rentabilité avec 1,5 million de ventes, la plupart sont rentables, selon Terry Faulconbridge.

C'est par contre plus difficile, selon lui, de faire de l'argent dans la restauration depuis quelque temps, ce que confirme François Meunier, vice-président de l'Association des restaurateurs du Québec.

Et la hausse du salaire minimum de 50 cents, à 8,50$, le 1er mai prochain, n'aidera pas, selon Mikes.

Les principaux concurrents de Mikes comprennent Pacini, Georgio, Boston Pizza et des restaurants familiaux, selon ses dirigeants. Mikes fait partie du groupe Imvescor, du Nouveau-Brunswick, qui exploite aussi Pizza Delight, Scores et Bâton Rouge.

«Ça bouge beaucoup dans la restauration ces jours-ci parce qu'après le net ralentissement de la croissance, en 2007, des précurseurs réagissent, grâce notamment à l'arrivée de nouveaux gestionnaires», explique François Meunier.

Le Québec compte plus de 18 000 restaurants, des indépendants pour la plupart (84%), dont près de 11 500 avec service aux tables.

À elles seules, les ventes des franchisés représentent près de la moitié (45%) de celles de l'industrie, selon François Meunier.