Les paris sont ouverts: Bombardier (T.BBD.B) ou Alstom pour le métro de Montréal ?

Olivier Bourque

Les paris sont ouverts: Bombardier [[|ticker sym='T.BBD.B'|]] ou Alstom pour le métro de Montréal ?

À première vue, les avis sont partagés quant aux chances de Bombardier de remporter l'appel d'offres annoncé par Québec pour le remplacement des 336 wagons de l'underground montréalais.

Cette décision du gouvernement fait suite au jugement de la Cour supérieure du 9 janvier dernier qui indiquait que le projet devait faire l'objet d'un appel d'offres et non d'un contrat de gré à gré à Bombardier.

Pour Karl Moore de l'École de gestion de l'Université McGill, il est difficile à l'heure actuelle d'identifier un meneur entre Bombardier et son concurrent français Alstom.

«Les deux veulent vraiment remporter l'appel d'offres. Alstom va assurément offrir un très bon prix car ils souhaitent concurrencer Bombardier sur leur propre terrain», indique-t-il.

Toutefois, selon lui, Bombardier ne voudra pas perdre ce contrat dans sa cour arrière. Dur combat en perspective.

Louis Hébert, professeur à HEC Montréal, est plus positif pour la montréalaise.

«Bombardier a d'excellentes chances de l'emporter», pense-t-il.

Le professeur Hébert croit notamment que la montréalaise peut tabler sur sa position de leader dans le secteur ferroviaire mondial. Bombardier peut également faire valoir de possibles retombées québécoises qu'un tel projet pourrait drainer dans l'économie de la province.

Un appel d'offres dès le début ?

Une chose est sûre, selon les spécialistes, le gouvernement du Québec aurait dû procéder par appel d'offres dès le début du processus.

D'autant plus qu'un contrat de gré à gré peut alimenter les frictions dans un marché où les joueurs majeurs ne se comptent que sur les doigts d'une main – Bombardier, Alstom et l'allemande Siemens.

«Ça cause de l'animosité entre les différents joueurs», constate Florence Junca-Adenot, professeure à l'UQAM et ex-directrice de l'Agence métropolitaine de transport (AMT).

Même son de cloche du côté de Karl Moore.

«Ce n'était pas nécessairement la meilleure décision du gouvernement», dit le professeur tout en soulignant que l'appel d'offres est la manière de procéder partout dans le monde.

Quand saura-t-on qui l'emportera ?

Foi de Raymond Bachand, ministre du Développement économique du Québec, le gouvernement devra faire un choix d'ici un an.

En attendant, les deux principaux joueurs s'envoient des flèches.

Bombardier a indiqué avoir «confiance en sa capacité manufacturière et son savoir-faire ici au Canada». Une pointe destinée vraisemblablement à Alstom qui a dû fermer des ateliers en 2003 à Pointe-Saint-Charles.

De l'autre côté, Alstom a déploré que le gouvernement du Québec n'ait pas décidé dès le départ d'aller en appel d'offres.

La française a également gonflé le ventre en affirmant qu'elle fabrique «les métros les plus modernes».

Mais la perspective fait sourciller Louis Hébert.

«Alstom a tenu ses promesses notamment par rapport au TGV, mais l'entreprise n'a pas de parts de marché si importantes dans le secteur ferroviaire», dit-il.

Compte tenu de l'ambiance, un possible partenariat devient-il difficile entre les deux joueurs ?

«Il est certain que cela aurait été mieux de trouver un terrain d'entente avant de passer un contrat de gré à gré. Après les tribunaux, c'est plus difficile», souligne Mme Junca-Adenot.

Bombardier va travailler en collaboration avec Alstom pour la fabrication de wagons destinés au métro de Paris et aux trains de banlieues de la capitale française. Reste à voir si la chose sera possible à Montréal.