Les bonnes nouvelles s'accumulent pour le distributeur gazier Gaz Métro (T.GZM.UN).

Pierre Couture

Les bonnes nouvelles s'accumulent pour le distributeur gazier Gaz Métro [[|ticker sym='T.GZM.UN'|]].

Après avoir vu deux de ses projets de parcs éoliens retenus par Hydro-Québec, la société vient de trouver du gaz naturel chez Gazprom pour faire tourner son terminal méthanier de Lévis.

«Ce sont des bonnes nouvelles qui auront des retombées à plus long terme», signale l'analyste Daniel Shteyn, de Valeurs mobilières Desjardins (VMD). Mais d'ici là, comme on dit, le distributeur gazier devra rester discipliné.

Hier, le titre de Gaz Métro, une fiducie de revenus, a terminé la journée à la Bourse de Toronto à 15,88 $. Il y a un an, la valeur de la part du distributeur gazier s'élevait à 17 $. En décembre dernier, le titre est même descendu près de 14 $.

Gaz Métro a déclaré en 2007 un bénéfice net de 122,8 millions $ sur des revenus de 1,95 milliard $. Des résultats en baisse comparativement aux deux milliards $ de revenus générés en 2006. Cette année-là, les profits nets de la société avaient atteint 147 millions $.

Rendement de 8%

Comme la société est une fiducie de revenus, elle a surtout permis à ses actionnaires d'encaisser un rendement d'environ 8 % l'an dernier. Le revenu annuel distribué à chaque détenteur de part s'est élevé à 1,21 $. Cette année, la distribution annuelle devrait tourner autour de 1,24 $, estiment les analystes.

Quoi qu'il en soit, sur la Côte-de-Beaupré, près de Québec, Gaz Métro et son partenaire Boralex vont construire deux parcs éoliens sur les terres du Petit Séminaire. Les deux projets, qui auront une capacité de 272 mégawatts (MW), devraient entrer en production en 2013.

Pour ériger 131 éoliennes, Gaz Métro et son partenaire devront toutefois injecter 800 millions $ dans l'aventure. Mais dès leur entrée en service, les profits seront au rendez-vous. En dollars de 2013, les analystes financiers s'attendent à ce que chaque mégawatt installé génère environ 12 % de rendement.

Pour Gaz Métro, l'impact des deux parcs éoliens sur son bilan sera toutefois limité, signale l'analyste de VMD. Ce dernier fait remarquer que pour aller de l'avant dans ces deux projets, Gaz Métro devra déplier près de 80 millions $ en comptant, d'ici 2010-2011.

Pour aller chercher cet argent, Gaz Métro devra soit commencer en mettre de côté dès maintenant (donc réduire sa distribution), soit émettre de nouvelles parts sur le marché, soit s'endetter davantage.

Une tâche possible, mais qui aura des répercussions importantes sur les finances de la société, dont la cote de crédit se situe à BBB+ par les temps qui courent. Pour l'heure, la dette totale de Gaz Métro s'élève à 1,68 milliard $.

L'analyste de VMD rappelle que le prix actuel de la part de Gaz Métro n'est pas à son meilleur depuis que le fédéral a annoncé la fin des privilèges fiscaux accordés aux fiducies de revenus. Une mesure prévue pour 2011.

Daniel Shteyn fait remarquer que Gaz Métro a dû renégocier des ententes de financement l'an dernier lors de l'acquisition du distributeur d'électricité Green Mountain Power du Vermont pour la somme de 187 millions $.

Dans le cas de Rabaska, encore là, Gaz Métro devra mettre beaucoup d'argent sur la table. On parle maintenant d'un projet de 1 milliard $ partagé entre quatre partenaires (Gaz Métro, Gaz de France, Enbridge et Gazprom).

Chez RBC Marchés des capitaux, l'analyste Fai Lee soutient que le retour sur l'investissement du terminal méthanier de Lévis devrait tourner autour de 12 %. D'après lui, les revenus générés par Rabaska auront un impact d'environ 5 ¢ sur le revenu annuel distribué par part de Gaz Métro dès 2015.

Chemin faisant, l'analyste de VMD croit que l'équipe de direction de Gaz Métro a tous les atouts en main pour affronter les prochains défis. «L'entreprise est bien gérée et le management est de qualité», note-t-il. Il fixe donc un prix cible de 16,50 $ sur le titre d'ici un an.

De son côté, Fai Lee vient de revoir à la hausse le prix cible sur le titre de Gaz Métro, passant de 14,50 $ à 15,25 $. Il croit que les projets de parcs éoliens auront notamment du bon sur les revenus de la société à plus long terme, à partir toutefois de 2013.