Comme aux États-Unis, ce sont une poignée de petites entreprises qui affichent les rendements les plus spectaculaires à la Bourse de Toronto en ces temps de crise.

Philippe Mercure

Comme aux États-Unis, ce sont une poignée de petites entreprises qui affichent les rendements les plus spectaculaires à la Bourse de Toronto en ces temps de crise.

La première marche du podium? On vous tire notre chapeau si vous devinez qui l'occupe. Il s'agit de... Coventree, cette petite boîte qui s'est retrouvée sens dessus dessous après avoir émis du papier commercial contaminé par les hypothèques à risque. L'action de Coventree a gagné 277% depuis le début de l'année. Une mince consolation pour un titre qui est passé de plus de 16$ à moins d'un dollar à la fin de l'an dernier et dont les meilleurs perspectives d'avenir, selon la dernière note de la direction, passeraient par une restructuration réussie du papier commercial et une «fermeture ordonnée» de l'entreprise avec distribution aux actionnaires de ce qui pourrait rester dans les coffres.

Voici quelques autres performances intéressantes.

Le pétrole

Oui, le secteur a été malmené cette année. Il reste que trois des cinq entreprises affichant le meilleur rendement cette année sur le TSX font dans les hydrocarbures. Transatlantic Petroleum Corporation, établie au Texas et à Calgary, mise sur les pays sous-explorés comme le Maroc, la Turquie et la Roumanie; son titre a bondi de270% cette année. Questerre, de Calgary, fait partie de la poignée d'entreprises qui cherchent du gaz naturel dans les basses terres du Saint-Laurent. Leurs titres avaient été soulevés au printemps dernier par une vague de résultats préliminaires jugés prometteurs. L'action de Questerre n'a pas échappé au mouvement, passant de 35 cents à 5,50$ en quelques mois. Elle est retombée depuis, mais a tout de même gagné183% depuis le début de l'année. L'action de Tanganyika, qui explore en Syrie, a connu un début d'année canon avant de flancher comme tout le monde en septembre... puis d'être propulsée à nouveau par une offre d'achat de la China Petroleum&Chemical Corporation. Résultat: un gain de152% cette année.

Soulignons aussi que Storm Exploration et Canadian Energy ont aussi affiché des gains respectifs de49% et46%.

Quand la spéculation rapporte

Si les montagnes russes des marchés financiers vous donnent mal au coeur, attendez de voir les fonds d'Horizons BetaPro. Parce qu'avec eux, les mouvements se vivent... en double. Un exemple: si l'indice américain S&P 500 gagne 1% au cours d'une journée, le fonds S&P 500 Haussier Plus d'Horizons BetaPro, lui, vous rapportera 2%. Au contraire, le fonds S&P 500 Baissier Plus vous fera gagner en double... tout ce que l'indice perd! Inutile de dire que si vous gagnez en double, vous perdez aussi en double si les mouvements vont à l'inverse de vos prévisions.

Dans un contexte où la Bourse a été malmenée cette année, il n'est pas surprenant de voir quelques fonds baissiers d'Horizon se hisser parmi les meilleures performances du TSX.

Ainsi, le fonds baissier lié au secteur financier canadien a gagné42%, transformant simplement en gain, et en double s'il vous plaît, la glissade des banques et des autres financiers en Bourse.

Et signe que l'ensemble du TSX a écopé cette année, le fonds baissier S&P/TSX 60, qui parie sur la contre-performance des 60 plus grosses entreprises de la Bourse de Toronto, a gagné41% depuis le début de l'année.

Globalement, Howard Atkinson, président de BetaPro Management, dit voir de la popularité pour ses produits en temps de crise. «Quand le marché descend, nos fonds baissiers sont l'une des seules façons de faire de l'argent», dit-il.

Arrêter les arythmies... par le froid

Corriger les battements irréguliers du coeur... par le froid extrême. C'est l'idée derrière Cryocath, une petite boîte de Montréal qui développe des cathéters souples et orientables capables de détruire les cellules du coeur qui causent les arythmies cardiaques en les brûlant par le froid.

La technologie de Cryocath a attiré cette année l'attention de l'américaine Medtronix, qui vient tout juste d'acheter l'entreprise pour environ 400 millions, soit 8,75$ l'action - une prime de 92% par rapport au cours de l'action la veille.

Sur l'ensemble de l'année, le titre de Cryocath a gagné74%.

Parce qu'il faut bien manger

Les grandes entreprises dans tout ça? Exception faite de la pétrolière Tanganyika, qui possède une capitalisation boursière de 1,71 milliard, il faut descendre dans le classement pour finalement trouver une entreprise de grande taille: Metro (qui vaut quelque 3,7 milliards en Bourse).

L'épicier, qui a déclaré une hausse des profits de 25,5% au dernier trimestre et de 5,8% pour l'ensemble de l'année, a vu son action progresser de31% cette année. Notons toutefois que le cours de Metro est encore sous son sommet de 40$ atteint en février 2007.

Les analystes, eux, sont divisés. Des neuf répertoriés par l'agence Bloomberg, deux recommandent de vendre les actions, cinq de les conserver... et deux d'en acheter. Leur prix cible moyen: 32,61$.