Malgré une solution prochaine, la crise des 32 G$ de papiers commerciaux adossés (PCAA) demeure confrontée à "un marché incertain" pour les nouveaux titres qui émergeront de la conversion des PCAA, a admis Louis Vachon, président de la Banque Nationale, lors d'une entrevue avec La Presse.

Martin Vallières

Malgré une solution prochaine, la crise des 32 G$ de papiers commerciaux adossés (PCAA) demeure confrontée à "un marché incertain" pour les nouveaux titres qui émergeront de la conversion des PCAA, a admis Louis Vachon, président de la Banque Nationale, lors d'une entrevue avec La Presse.

D'autant plus que l'incertitude sur la valeur marchande de tous les titres de crédit s'est accentuée avec la crise financière qui s'aggrave aux États-Unis.

N'empêche, selon M. Vachon, cette conjoncture de crise justifie les interventions de la Nationale depuis août 2007 afin de «limiter les dégâts» parmi ses clients aux prises avec des PCAA soudainement gelés.

Notamment, la centaine de ses 145 000 clients d'affaires à qui elle avait vendu pour des centaines de millions en PCAA comme un moyen de bonifier le rendement de leurs liquidités.

Avec la restructuration qui achève, ces PCAA à très court terme seront convertis en titres de dette à échéance de sept à neuf ans.

Cette conversion est attendue «autour du 15 au 20 octobre», selon Louis Vachon.

Cette échéance s'est précisé après le refus récent de la Cour suprême d'entendre une ultime requête d'un groupe d'entreprises qui contestaient le plan de restructuration, parce qu'il procure l'immunité de poursuites aux distributeurs des PCAA.

Cette décision du plus haut tribunal canadien a évidemment soulagé la Banque Nationale et ses partenaires montréalais en tête du comité de restructuration des PCAA, dont la Caisse de dépôt et le Mouvement Desjardins.

Pour la suite, le président de la Nationale affirme sa conviction d'avoir agi dans le meilleur intérêt de ses clients malgré les doléances de certains d'entre eux, comme le voyagiste Transat et le détaillant Jean Coutu.

«C'est sûr qu'il y a des clients d'affaires mécontents. Néanmoins, la grande majorité d'entre eux se sont prévalus des lignes de crédit spéciales que nous leur avons offert afin que, justement, ils ne soient pas forcés de revendre leurs PCAA (après conversion) pour ravoir leur cash dans un marché où ils ne pourraient pas avoir une juste valeur», a expliqué M. Vachon.

Sur cette lancée, il ne croit pas que la Nationale ait entaché ses relations avec ces clients d'affaires mécontents.

«Ces clients ont toujours eu quelqu'un d'autorité à qui parler. Une entreprise de services comme nous, ça ne coupe pas les ponts avec ses clients, surtout en situation de crise.»