La conclusion de l'union boursière entre Montréal et Toronto ravivera-t-elle le débat sur une commission pancanadienne de valeurs mobilières?

Martin Vallières

La conclusion de l'union boursière entre Montréal et Toronto ravivera-t-elle le débat sur une commission pancanadienne de valeurs mobilières?

Sans aucun doute, ont confié des observateurs et des boursiers à La Presse Affaires, à Montréal et à Toronto.

Et n'en déplaise aux autorités financières québécoises, à commencer par le cabinet de la ministre des Finances, Mme Jérôme-Forget, qui tient mordicus à la juridiction provinciale, confiée à l'Autorité des marchés financiers (AMF).

«Le succès de l'union des bourses de Toronto et de Montréal dépend en bonne partie de leur intégration de gestion la plus complète possible. Or, c'est le même défi d'intégration qui s'accentue à propos de la réglementation des valeurs mobilières, pour la compétitivité et la prospérité du marché boursier canadien», a indiqué Brendan Caldwell, PDG de Caldwell Investment à Toronto, qui gère plusieurs dizaines de millions investis en actions de sociétés de bourse en Amérique du Nord et outre-mer.

«Une CVM nationale est un sujet controversé au Québec. Mais comme le fut aussi l'abandon des actions par la Bourse de Montréal il y a dix ans et sa spécialisation en produits dérivés, qui a tout de même mené à l'union des deux Bourses», constate pour sa part Jean Roy, professeur et analyste des marchés financiers à l'École des hautes études commerciales (HEC).

Par conséquent, souligne-t-il, «la conclusion de la transaction entre les deux Bourses remet au premier plan la structure de réglementation des valeurs mobilières au Canada, en particulier le projet de commission unique.»

«La relance de ce débat est désormais incontournable, selon Jean Roy. D'autant que le ministre fédéral des Finances (Jim Flaherty) a décidé de s'y mettre pour de bon, lors de ses récentes rencontres avec les principaux banquiers canadiens.»