La Réserve fédérale ne pourra pas sauver les États-Unis d'une éventuelle récession, juge son ancien patron Alan Greenspan dans un entretien à paraître jeudi.

Mis à jour le 30 janv. 2008

La Réserve fédérale ne pourra pas sauver les États-Unis d'une éventuelle récession, juge son ancien patron Alan Greenspan dans un entretien à paraître jeudi.

Le Comité de politique monétaire de la Fed doit publier un communiqué vers 14h15. Son taux directeur est pour le moment fixé à 3,5%.

M. Greenspan a dit à l'hebdomadaire Die Zeit que la Réserve fédérale ou le pouvoir politique ne pourraient «probablement pas» sauver la première économie du monde d'une récession, alors que tous les marchés du monde espèrent une nouvelle baisse des taux américains mercredi.

«Les influences de l'économie mondiale sont aujourd'hui plus fortes que presque n'importe quelle réponse monétaire ou budgétaire», a encore indiqué l'ancien patron de la Fed, qui n'est plus en poste depuis deux ans mais reste très écouté.

«Les taux d'intérêt réel à long terme ont beaucoup plus d'influence sur le coeur de l'activité économique que les décisions nationales. Et les banques centrales ont de moins en moins le pouvoir d'influencer ces taux de long terme», a-t-il jugé.

«La probabilité d'une récession est d'au moins 50%, mais jusqu'ici nous avons peu d'indices permettant de dire que nous y sommes déjà», a encore indiqué M. Greenspan.

Il a par ailleurs jugé «peu compréhensible cette opinion selon laquelle la politique de la Réserve fédérale aurait d'une manière ou d'une autre laissé monter les prix de l'immobilier ou des titres boursiers».

La crise du financement immobilier à risque aux États-Unis n'en finit plus depuis l'été dernier de secouer les marchés boursiers et de menacer l'économie américaine.

Elle est selon l'ancien patron de la Fed «entièrement le résultat des forces du marché au niveau mondial.»

Pour les marchés, la Fed n'a pas le choix : elle doit baisser de nouveau son taux directeur d'un demi-point.

La Fed avait déjà frappé un grand coup le 22 janvier en réduisant en catastrophe de trois-quarts de point son taux.