Avec le huard qui atteint des sommets, un projet résidentiel et hôtelier luxueux de Lake Placid, dans l'État de New York, se voit comme une solution de rechange à la station Mont-Tremblant.

Laurier Cloutier

Avec le huard qui atteint des sommets, un projet résidentiel et hôtelier luxueux de Lake Placid, dans l'État de New York, se voit comme une solution de rechange à la station Mont-Tremblant.

«La vigueur du huard change la situation. On voit les Canadiens revenir à Lake Placid», déclare à La Presse Affaires le directeur général et chef de l'exploitation du Whiteface Lodge, Olivier Bottois.

«Les vacanciers canadiens sont de retour à Lake Placid cet été», confirme la directrice des communications du Bureau des visiteurs de cette région des Adirondacks, Margaret Marchuck.

Des touristes choisissent Lake Placid pour la pêche, le golf, la baignade et la marche au mont Whiteface, dit-elle. Les hôtels et les restaurants se remplissent, mais Margaret Marchuck ne donne pas de chiffres.

Des investisseurs américains ont profité longtemps de la force du dollar pour acheter des propriétés dans les Laurentides, surtout à la station Tremblant, rappelle Olivier Bottois. Mais la situation vient de s'inverser avec le huard à plus de 95 cents US.

Lake Placid n'est par ailleurs qu'à deux heures de Montréal, soit à peine plus que Tremblant, souligne Olivier Bottois.

La quasi-parité du huard et du dollar va sans doute inciter des Québécois à considérer une acquisition au Whiteface Lodge, selon le directeur. L'endroit est accessible sans prendre l'avion et la frontière se traverse sans problème avec la carte Nexus (50$US pour trois ans), selon lui.

Les pressions à la baisse sur le marché immobilier américain, depuis l'automne 2006, en raison de la déconfiture de prêteurs hypothécaires à risque, pourront rassurer les Canadiens intéressés, dit Olivier Bottois: ils n'achèteront pas en plein boom immobilier, juste avant son éclatement. Des vacanciers américains pourraient aussi réaliser que c'est le temps d'acheter, avant la remontée du marché, selon lui.

Le Whiteface Lodge compte 86 grandes suites, dont la moitié sont déjà vendues -d'ailleurs à des Canadiens de Montréal et d'Ottawa pour 10 d'entre elles.

En outre, Olivier Bottois doit mettre en chantier sa phase deux dès octobre, afin de livrer 20 suites de plus en juin 2008.

En fait, le directeur tâte à la fois le marché des acheteurs de propriétés fractionnées au Whiteface Lodge et celui des locataires de suites hôtelières luxueuses. Neuf propriétaires sur 10 de ces unités résidentielles les mettent en effet en location, lorsqu'ils sont absents.

Quatre diamants

Le Whiteface Lodge a deux concurrents locaux dans l'hôtellerie de luxe: The Point et le Lake Placid Lodge (en reconstruction, après un incendie). Mais Olivier Bottois est le seul à vendre des unités, dans sa catégorie huppée, entre New York et le Québec, dit-il.

La Californie, la Floride et le Colorado comptent aussi des «clubs résidentiels privés» des groupes Quatre Saisons, Ritz Carlton et St. Regis, mais le Whiteface Lodge est le premier construit sur le côte Est américaine, selon lui. Par contre, un projet est en train de prendre forme à Stowe, la station de ski du Vermont, dit-il.

Les propriétés fractionnées donnent accès à quatre semaines de vacances par année, à vie, explique Olivier Bottois.

Le Whiteface Lodge a décroché une classification de quatre diamants de l'Association américaine de l'automobile, en plus de commentaires élogieux de publications comme le Condé Nast et le Robb Report.

«Le Whiteface Lodge est similaire aux projets des hôtels Quatre Saisons et Ritz Carlton» dans les propriétés partagées, affirme Olivier Bottois. Le concept est redevenu populaire aux États-Unis, et c'est au tour de l'Europe de connaître un boom dans les propriétés partagées, poursuit-il.

Par contre, la qualité a un prix dans l'immobilier.

Les propriétés fractionnées d'une chambre au Whiteface Lodge, avec vue sur le lac et la montagne, se vendent de 99 000 $ US à 136 000 $ US et celles de quatre chambres, 420 000 $ US, pour des superficies de 676 à 3800 pieds carrés. Selon la saison, une suite hôtelière peut se louer de 300 $ US à 3000 $ US.

«Aujourd'hui, 85% des unités sont occupées, dont seulement 25% par les propriétaires», souligne Olivier Bottois, car plusieurs préfèrent les louer en haute saison.

La première phase a été mise sur le marché en juin 2005, après des investissements de 35 millions US. En janvier 2007, la société américaine T-Rex Capital a racheté le projet, dont les unités non vendues, au prix de 63 millions US, a dit Olivier Bottois.