L'Association des manufacturiers et exportateurs du Canada se plaint d'avoir déjà commencé à souffrir de la grève des employés du CN, qui ralentirait considérablement ses affaires, et demande à Ottawa d'intervenir.

Sophie Brouillet et Presse Canadienne

L'Association des manufacturiers et exportateurs du Canada se plaint d'avoir déjà commencé à souffrir de la grève des employés du CN, qui ralentirait considérablement ses affaires, et demande à Ottawa d'intervenir.

L'économiste en chef de l'Association, Jayson Myers, a fait parvenir une lettre au ministre fédéral des Transports, Lawrence Cannon, pour «l'alerter» des «impacts économiques négatifs» de la grève sur son industrie et sur d'autres secteurs.

«Le conflit de travail au CN a déjà causé des retards répandus dans la livraison des biens par train dans l'ensemble de l'Amérique du Nord», écrit-il.

«Les livraisons tardives ne sont pas seulement coûteuses pour les compagnies canadiennes, elles menacent aussi de rompre les chaînes d'approvisionnement et de faire éclater les horaires de production, et peuvent compromettre des contrats futurs et des investissements au pays.»

M. Myers demande au ministre de prendre «tout moyen à sa disposition» pour forcer une résolution rapide du conflit.

Selon l'organisme, la rupture de certaines chaines d'approvisionnement a déjà causé des arrêts de production au Canada, et elle en causera aux États-Unis si la situation perdure la semaine prochaine.

Il fait valoir qu'une grosse partie de la marchandise transportée par le CN consiste en ressources naturelles, que les livraisons retardataires impliquent des amendes et des coûts d'entreposage et peuvent perturber des chaînes de production à l'échelle mondiale.

Parmi les industries affectées, Manufacturiers et exportateurs du Canada mentionne l'agriculture, la forêt, les mines, l'acier, l'aluminium, le papier, les produits chimiques, le plastique, et le raffinage du pétrole.

Manufacturiers et exportateurs du Canada juge que le plan de contingence mis en place par le transporteur ferrovaire, et qui fait appel à du personnel non syndiqué, ne suffit pas à éviter les dégâts.

Les Fabricants de produits chimiques du Canada ont de leur côté émis eux aussi un communiqué pour dire que l'arrêt de travail a un «impact économique significatif» sur l'industrie.

Le président de l'association et chef de la direction financière de Nova Chemicals, Larry MacDonald, a ajouté que la grève, si elle se poursuit, aura des effets dévastateurs sur l'industrie, la troisième en importance au pays en marchandises exportées.

Jeudi, la forestière Canfor, de Vancouver, avait aussi fait part de ses inquiétudes par rapport à cette grève, disant aussi que sa production a dû être temporairement réduite.

Les chefs de train du CN au Canada ont débrayé le 10 février dernier.

Jeudi, le 15 février, le CN a affirmé que le syndicat avait refusé l'offre faite par son président et chef de la direction, Hunter Harrison, de reprendre les négociations lundi en échange d'un retour au travail immédiat des grévistes.

Le CN a déposé une requête d'urgence au Conseil canadien des relations industrielles pour que la grève soit déclarée illégale.