Après les fonds d'investissement, les caisses de retraite et la rivale Telus , une cinquième entité propose d'acheter Bell Canada , mais cette fois de la garder en Bourse.

Michel Munger

Après les fonds d'investissement, les caisses de retraite et la rivale Telus , une cinquième entité propose d'acheter Bell Canada , mais cette fois de la garder en Bourse.

C'est la firme torontoise d'investissement Catalyst Asset Management, dirigée par son fondateur Brent Fullard, qui veut acheter le numéro un des télécommunications au Canada.

Catalyst propose sa propre «solution canadienne», soit de former une compagnie dont l'unique but est d'acheter BCE et de s'y fondre afin de créer une nouvelle Bell Canada.

La transaction serait la suivante : la compagnie émettrait un titre comprenant une action ordinaire et un titre de dette subordonnée en échange de chaque action de BCE. C'est sans exclure l'idée d'émettre des actions privilégiées.

À l'origine, le dividende versé aux détenteurs de ces valeurs serait de 2,55 $ par année, comparativement à celui de 1,46 $ par action de BCE à l'heure actuelle.

Signant un long communiqué, Catalyst se livre à un véritable plaidoyer qui écorche toutes les autres offres potentielles pour Bell.

Sans surprise, Catalyst s'en prend à Telus pour des raisons de concurrence et aux fonds privés pour leur intention d'imposer un contrôle étranger.

«En plus d'être négative pour les consommateurs, dit le communiqué, n'importe laquelle de ces issues serait mauvaise pour tous les Canadiens et les différents groupes d'intérêt impliqués, dont les actionnaires, les détenteurs de dette et les employés de Bell Canada.»

La firme torontoise ne se gêne pas pour critiquer un éventuel feu vert à la prise de contrôle de Bell par des étrangers. Rappelons que le gouvernement fédéral étudie l'idée d'ouvrir la voie à la propriété étrangère en matière de télécommunications.

«[L'achat par des fonds étrangers] n'est pas arrivé à un seul des fournisseurs traditionnels de téléphonie ailleurs dans le monde et il serait très peu probable que cela puisse procéder dans une autre juridiction», dit le communiqué.

Les fonds de pension ne sont pas épargnés par Catalyst. L'entreprise affirme que beaucoup d'actionnaires qui ont longtemps possédé les titres de Bell s'intéressaient principalement à son dividende stable.

Une vente de leurs actions secouerait leur pommier au niveau fiscal, les forçant à empocher un profit entraînant des problèmes avec l'impôt. Le paiement d'une importante somme d'impôt diminuerait les sommes réinvesties à leur actif et donc leur potentiel de revenu stable.

Catalyst estime que les fonds de pension ne se soucient pas de cette question et que sa transaction rétablirait une forme d'égalité entre les actionnaires.