Le ministre Claude Béchard invite les résidants de la région de la capitale à se plaindre aux pétrolières pour obtenir une essence à meilleur prix.

Baptiste Ricard-Châtelain

Le ministre Claude Béchard invite les résidants de la région de la capitale à se plaindre aux pétrolières pour obtenir une essence à meilleur prix.

«Je ne dis pas que les gens se font arnaquer, tient à préciser le titulaire des portefeuilles des Ressources naturelles, de la Faune et du Développement économique. Je dis que dans la région de Québec, ce qu'on observe depuis plusieurs mois, c'est qu'il n'y a pas de guerre de prix. Il y a toujours une marge de commercialisation qui, en moyenne, est plus élevée qu'ailleurs.»

Les profits sont donc plus importants.

Dans un projet de loi qu'il espère déposer cet automne, il veut contraindre les détaillants d'essence à afficher un prix jugé acceptable, le «prix minimum».

«Aujourd'hui, c'est 1,06 $, 1,07 $. Comme ça, les gens verraient systématiquement qu'on est toujours sept ou huit cents au-dessus. Donc, ils pourraient poser des questions, mettre plus de pression sur les pétrolières.»

Sans compter les profits réalisés au raffinage.

Voilà qui engendrerait un peu plus de compétition, espère-t-il. «Par exemple, à Montréal, la semaine dernière, les prix sont descendus à deux ou trois cents en dessous du prix minimum estimé en raison de la guerre des prix que se livrent les pétrolières.»

Jusqu'à maintenant, Claude Béchard n'a pas fait sourciller les pétrolières dans sa croisade. Elles sont demeurées muettes lorsqu'il a demandé des justifications pour le prix élevé du carburant. «Honnêtement, on ne s'attendait pas d'en avoir.» Seule une loi leur forcera la main, pense-t-il.