Décidément, vendre des abonnements sans-fil au Canada est une entreprise fort lucrative. Il y a peu de joueurs et les forfaits offerts sur le marché sont parmi les plus élevés en Occident. Résultat : les fournisseurs en place font des affaires d'or.

Pierre Couture

Décidément, vendre des abonnements sans-fil au Canada est une entreprise fort lucrative. Il y a peu de joueurs et les forfaits offerts sur le marché sont parmi les plus élevés en Occident. Résultat : les fournisseurs en place font des affaires d'or.

Au dernier trimestre, Telus [[|ticker sym='T.T'|]] a fait exploser la banque en enregistrant des profits de 236 millions $. Peu de temps auparavant, Rogers [[|ticker sym='T.RCI.B'|]] y allait de son cru en déclarant des bénéfices trimestriels de 176 millions $.

"Ce sont des sociétés très rentables qui ont des revenus récurrents. Leur secteur sans-fil est en forte croissance. C'est donc normal qu'elles impriment les dollars", souligne William-André Nadeau d'Orientationfinance.com.

Le malheur des uns fait souvent le bonheur des autres, dit-on. Dommage pour les consommateurs, mais l'absence de réelle compétition dans le secteur du sans-fil au Canada sourit présentement aux fournisseurs. La complexité des forfaits offerts joue également en leur faveur.

Ouvrir la porte

Et si Ottawa ouvrait la porte à la concurrence étrangère ? Alors là, les consommateurs en profiteraient pleinement. L'arrivée de nouveaux acteurs entraînerait une guerre de prix qui ferait à son tour baisser les tarifs, croit M. Nadeau.

Mais qui dit baisse des prix dit aussi augmentation de l'utilisation du temps d'antenne. Conséquence : les fournisseurs empocheraient davantage, calculent de savants analystes.

Chez Telus, la division Mobilité génère maintenant plus de 50 % des bénéfices d'exploitation de l'entreprise et 90 % de sa croissance. Chez Bell, cette proportion s'élève à seulement 25 %.

Chez Rogers, les revenus de la division sans-fil ont grimpé de 20 % au dernier trimestre, générant 1,26 milliard $, alors que 224 500 nouveaux clients ont enrichi la liste d'abonnés.

Ce qu'il faut comprendre ? C'est pendant que Bell perd des abonnés cellullaires, Telus et Rogers en gagnent. Au quatrième trimestre, Bell Mobilité a déclaré 169 000 nouvelles activations, en baisse de 20 % par rapport à l'année précédente.

Le temps d'acheter

Est-ce le temps d'acheter ? Willian André-Nadeau répond oui et avoue avoir un faible pour Telus. "C'est une entreprise qui n'en finit plus de surprendre les analystes. Le titre est sous-évalué. C'est un très bon achat."

À la Financière Banque Nationale, l'analyste Greg MacDonald préfère encore Telus parce que sa division cellulaire lui donnera les moyens de relever son dividende de 50 % d'ici deux ans. Il fixe le cours cible à 62 $ d'ici un an.

Chez Valeurs Mobilières Desjardins, l'analyste Joseph Mackay fait de Rogers un choix de première ronde. Il s'attend à ce que la filiale sans-fil fasse encore le travail. D'ici un an, il entrevoit le titre franchir la barre de 45 $.

À la Banque Royale, Jonathan Allen recommande le titre de Rogers en raison de la bonne tenue de sa division cellulaire. Il note que pour la première fois, Rogers a généré des flux de trésorerie positifs au quatrième trimestre. "Ce qui laisse de la place à un programme de rachat d'actions et une hausse du dividende." Prix cible d'ici 12 mois : 46 $.

Symbole boursier : RCI.B

Fermeture hier : 39,68 $

Chiffre d'affaires : 8,8 G $

Dette : 7,4 G $

Valeur boursière : 24,4 G $

en Bourse

Symbole boursier : T

Fermeture hier : 58,38 $

Chiffre d'affaires : 8,6 G $

Dette : 5,8 G $

Valeur boursière : 18,5 G $