La course à la succession du président de l'Administration portuaire de Montréal, Dominic J. Taddeo, a fait indirectement une victime la semaine dernière: la notaire Diane Provost, qui représentait la Ville de Montréal au conseil d'administration du Port depuis 2003, a été révoquée par le comité exécutif alors que son mandat finissait en 2009.

Éric Clément

La course à la succession du président de l'Administration portuaire de Montréal, Dominic J. Taddeo, a fait indirectement une victime la semaine dernière: la notaire Diane Provost, qui représentait la Ville de Montréal au conseil d'administration du Port depuis 2003, a été révoquée par le comité exécutif alors que son mandat finissait en 2009.

La raison officielle de cette révocation, décidée mercredi, est qu'elle a refusé «aux autorités municipales de s'entretenir avec elles».

En entretien téléphonique, le président du comité exécutif, Frank Zampino, a dit à La Presse que Me Provost s'est rendue coupable de «manquements graves» vis-à-vis de la Ville en refusant de le rencontrer pour parler de son rôle au CÀ du Port de Montréal.

«On n'a jamais transmis d'instructions à Mme Provost depuis sa nomination en 2003 sur la conduite à tenir et elle n'a jamais pris la peine de solliciter une rencontre avec les autorités municipales, dit M. Zampino. Après deux tentatives, en juillet et en août, de la rencontrer, ses refus répétés constituaient un manquement grave à ses devoirs.»

M. Zampino aurait voulu «partager avec son mandataire la vision qu'a la Ville sur l'avenir du Port de Montréal et discuter du profil de la personne» qui remplacera M. Taddeo, qui va quitter ses fonctions cet automne après avoir dirigé le Port de Montréal pendant 23 ans.

Mais Me Provost, notaire à Lachine, n'est pas allée rencontrer M. Zampino. Jointe au téléphone, elle a dit ne pas pouvoir dire pourquoi pour l'instant.

Divergences de vues?

Mais y avait-il des divergences de vues entre elle et le comité exécutif sur la personne qui doit remplacer Dominic Taddeo?

En tout cas, le comité exécutif ne souhaite pas dire publiquement quelle est la personne qu'il aimerait voir à la place de M. Taddeo, mais c'est un secret de Polichinelle que Frank Zampino aimerait bien que ce soit l'ex-directeur général de la Ville, Robert Abdallah.

Même si la personnalité de Robert Abdallah ne faisait pas l'unanimité lorsqu'il était directeur général de la Ville, Frank Zampino estime que M. Abdallah «a fait un travail exceptionnel à la Ville» et du coup, l'a recommandé au chasseur de têtes que le Port a embauché pour trouver des candidats à la succession de M. Taddeo.

Mais, ajoute-t-il, ce seront en dernier ressort les sept membres du conseil d'administration de l'Administration portuaire, dont font partie le provincial, le fédéral et la Ville, qui prendront la décision.

Choix fastidieux

En effet, même si la candidature de Robert Abdallah est appuyée aussi loin que dans les officines du premier ministre Stephen Harper, tel que l'avait appris La Presse en juillet, tous les membres du conseil d'administration du Port ne sont pas convaincus qu'il s'agit du meilleur candidat. D'ailleurs, le choix du successeur de M. Taddeo est fastidieux. Il devait être fait en août.

Embarrassé de devoir répondre aux questions de La Presse, le président du CÀ de l'Administration portuaire, Marc Bruneau, n'a pas voulu dire pourquoi le choix est si long à faire. Il n'a pas voulu non plus commenter la révocation de Me Provost. «Je ne peux pas faire de commentaires pour le moment», a-t-il dit.

C'est qu'un autre candidat, Patrice Pelletier, de la firme SNC-Lavalin, aurait impressionné. Et même si, officiellement, M. Taddeo a fait savoir cet été qu'«il n'appuie personne», le patron du Port «n'est pas du tout» favorable à Robert Abdallah, nous ont affirmé plusieurs sources.

Pour remplacer Me Provost, la Ville a nommé le président du conseil d'administration de la Société du parc des Îles, Jacques Fortin. Sera-t-il plus prompt à défendre le point de vue de la Ville au sein du CÀ du Port?

«M. Fortin a été directeur général de la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal, dit Frank Zampino. J'ai siégé avec lui au moment où j'étais président de la STCUM et il a toutes les compétences pour défendre les intérêts de la Ville au Port de Montréal.»